CAN 2025:
Le Sénégal sacré dans un climat de tension électrique et de polémiques

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Le rideau est tombé sur la CAN 2025 au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Si les Lions de la Teranga célèbrent leur nouveau titre continental après leur victoire 1-0 face au Maroc, l’ambiance autour de cette finale dépasse largement le cadre du sport. Entre scènes de liesse dans plusieurs capitales africaines et accusations graves de corruption, le football africain traverse une zone de fortes turbulences. La défaite du pays hôte a provoqué une onde de choc, mais pas uniquement de tristesse. Dans plusieurs pays comme l’Algérie, l’Égypte, la Tunisie, la Mauritanie, le Mali et la Tanzanie, des scènes de célébrations ont été rapportées. Ce phénomène, rare par son ampleur, témoigne d’un sentiment de « justice rendue » pour de nombreux supporters africains qui estimaient que le parcours du Maroc avait été indûment facilité par des décisions extra-sportives. Le grief principal des détracteurs à savoir les carences arbitrales qui étaient au cœur du scandale repose sur ce qu’ils appellent le « système Lekjaa », président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF). Plusieurs épisodes ont cristallisé les tensions durant le tournoi :

La gestion contestée de la VAR
Tout au long de la compétition, l’utilisation de l’assistance vidéo a été pointée du doigt. Lors de la finale, un penalty accordé au Maroc à la 90e minute a failli provoquer l’arrêt définitif du match. Les joueurs sénégalais, dénonçant une simulation flagrante de Brahim Díaz et une partialité de l’arbitre, ont brièvement quitté la pelouse. Il a fallu l’intervention de Sadio Mané pour les convaincre de reprendre le jeu. L’arrêt du penalty par Édouard Mendy a été perçu par beaucoup comme un « symbole de vérité ».
Les critiques ne datent pas de la finale. Plusieurs nations se sont estimées lésées face au Maroc : En phase de poules, un penalty jugé « évident » par les observateurs n’a pas été sifflé en faveur des Tanzaniens. En quart de finale, Samuel Eto’o a publiquement fustigé l’arbitrage après un contact litigieux non sanctionné sur Bryan Mbeumo, entraînant une sanction de la CAF contre le président de la Fécafoot. L’Algérie et l’Égypte : Ces deux nations ont déposé des plaintes officielles auprès de la CAF et de la FIFA, dénonçant des désignations d’arbitres suspectes et une influence excessive des coulisses marocaines sur les commissions de l’instance africaine.
Pour de nombreux observateurs maliens, tunisiens et autres la CAN 2025 restera comme celle de la « corruption administrative ». Les critiques ciblent ouvertement Fouzi Lekjaa, l’accusant d’exercer une pression constante sur les arbitres et les officiels pour garantir le succès du Maroc à domicile. La nomination de superviseurs marocains pour des matchs ne concernant pas leur équipe a notamment été perçue comme un manque total de neutralité. « Le football africain est aujourd’hui sous l’emprise de lobbies. Ce que nous avons vu est une guerre de coulisses contre l’équité sportive. » ce que rapporte Réaction récurrente dans les médias d’Afrique de l’Ouest. Le Maroc, qui espérait un sacre historique à domicile, se retrouve aujourd’hui face à ses propres démons. Si les Lions de l’Atlas ont montré des qualités techniques, l’ombre des soupçons d’arbitrage « maison » aura terni l’image de cette édition jusqu’à la dernière seconde. Alors que le Sénégal savoure son titre, les instances dirigeantes du football sont secouées par des remous qui pourraient redéfinir la gouvernance du sport sur le continent. L’après-CAN 2025 ne sera pas de tout repos pour les dirigeants africains. Entre maintien de l’influence et risque de sanctions internationales, le football continental entre dans une phase de haute incertitude. Les plaintes déposées par l’Algérie et l’Égypte forcent la FIFA à examiner si ce poids politique ne s’est pas transformé en un trafic d’influence nuisible à l’équité des compétitions.Entretemps la FIFA pourrait imposer une mise sous tutelle de la commission d’arbitrage de la CAF, retirant ainsi à tout dirigeant local le pouvoir de désigner les officiels pour les matchs internationaux. Cependant la Commission de Discipline de la FIFA a récemment montré sa fermeté dans d’autres confédérations (ex: dossiers au Vietnam ou en Malaisie en 2025). Si les preuves de « pression indue » sur les arbitres de la CAN 2025 sont jugées recevables, la FRMF de Lekjaa pourrait se voir infliger des restrictions majeures, notamment sur l’organisation de futurs tournois. Cependant, pour sauver la face, Gianni Infantino pourrait exiger des gages de transparence immédiats, incluant un remaniement profond des structures de la CAF. « L’immunité dont semble bénéficier le football marocain sera testée par la solidité des preuves apportées par Alger et Le Caire. » En final le Sénégal sort grand vainqueur de cette édition, ayant réussi l’exploit de s’imposer malgré un environnement très hostile. Le Maroc, sort de « sa » CAN avec une image écornée auprès d’une grande partie du continent.

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