Le Maroc s’est réveillé avec la gueule de bois, non pas que celle–ci ait été causée par l’ivresse d’une victoire, bien au contraire, c’était la défaite. La tristesse, ce matin du 19 janvier, était visible sur tous les visages. Jusqu’à la dernière minute les milliers de supporters, habillés d’un rouge écarlate, pensaient, en se serrant les dents, que les pénalties trancheraient, mais il en fut autrement le but sénégalais régla la question. Une immense clameur envahit le stade. Ce n’était pas la joie mais un cri de désolation, suivi d’un silence assourdissant qui en disait long sur ce que ressentaient ces suporters marocains qui croyaient,dur comme fer, que la coupe était à leur portée. Les supporters sénégalais, quant à eux manifestement moins nombreux, ont fait éclater leur joie mais leurs cris de liesse n’avaient rien d’une clameur géante. Les sénégalais, fiers de leur équipe et du parcours que celle–ci a accompli durant cette CAN 2025 doutaient d’une éventuelle victoire. Quelle fut leur surprise quand, à quelques minutes de la fin de ces prolongations, un but providentiel leur permit d’espérer recevoir dans quelques instants si tout allat bien cette fameuse coupe. Enfin l’arbitre siffla la fin de ce match fatidique pour ces deux finalistes. Pour le Maroc c’est l’heure des comptes. Si sur le plan sportif il n’y a strictement rien à dire l’équipe marocaine a bien joué toutes les parties de cette CAN, par contre c’est sur le plan des dépenses faramineuses consenties par le Makhzen que cette CAN jouée au Maroc a pu faire parler d’elle. Le faste, quoi qu’il en coûte, le gouvernement marocain en a fait la priorité absolue. Tout devait se concentrer sur les infrastructures sportives flambant neuf qui devaient donner l’impression aux visiteurs africains et étrangers qui allaient faire le déplacement dans ce pays que le Maroc est un pays qui n’a rien à envier aux pays les plus développés ou les plus émergents . Il voulait se mesurer au Qatar qui avait organisé la dernière coupe du monde. A une différence palpable, les ressortissants qataris ont un niveau de vie mille fois supérieur à celui des marocains. Tout ce qu’entreprend le Qatar dans les opérations de prestige sont pour cet Etat du bonus . Cet Emirat ne puise pas dans ses réserves de fond qui restent intouchables. Il n’est pas endetté, bien au contraire il est un grand bailleur de fonds. Le Maroc, quant à lui est non seulement endetté à hauteur de plus de 60 milliars de dollars qu’il doit rembourser dans des délais prescrits, faute de quoi s’ajouteront les services de la dette et celle–ci ne fera qu’augmenter. D’autre part l’économie marocaine ne repose que sur le tourisme et celui-ci ne profite qu’à une classe sociale déja riche. Le reste de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Ils sont des millions à être dans ce cas. Le Maroc ne dispose pas de ressources naturelles attractives telles que le pétrole, le gaz, le minerai de fer, ou d’autre produits minéraliers très demandés de par le monde. Le phosphate à lui seul, en grande quantité dans ce pays, surtout au Sahara occidental occupé, ne suffit pas à remplir les caisses du royaume . Alors quand celui-ci dans un esprit de grandiloquence agit en «bourgeois gentilhomme» il n’en sort certainement pas grandi. La fanfaronnade n’a jamais porté ses fruits.
