Secret d’État et trafic de drogue:
Rachida Dati accusée de bâillonner les vérités gênantes sur le Palais marocain

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L’étau se resserre autour de Rachida Dati. Alors que les rumeurs sur son départ du ministère de la Culture enflent, la candidate déclarée à la mairie de Paris se retrouve projetée au cœur d’une tourmente diplomatique et médiatique dont le journal Le Canard Enchaîné se fait l’écho avec sa virulence habituelle.
L’hebdomadaire satirique décrit une ministre agissant dans l’ombre comme une véritable «attachée de presse» du Maroc, n’hésitant pas à décrocher son téléphone pour tancer les rédactions parisiennes. Le point de rupture semble s’être cristallisé autour de la parution de l’ouvrage explosif «Mohammed VI, Le Mystère» aux éditions Flammarion. L’enquête de Thierry Oberlé, qui explore les zones d’ombre de la vie privée du souverain et les ramifications du narcotrafic au sein du royaume, aurait provoqué une onde de choc jusqu’au sommet de l’État français. Selon les révélations du Palmipède, Rachida Dati aurait personnellement interpellé Bruno Jeudy, le patron de La Tribune Dimanche, pour exprimer le vif mécontentement de Rabat suite à un article consacré au livre. Une intrusion dans l’indépendance éditoriale qui pose une question dérangeante : quelle frontière sépare encore les intérêts de la République française de ceux de la monarchie marocaine ? Selonla presse française , cette proximité ne serait que la partie émergée d’un réseau d’influence patiemment tissé depuis 2007. Déjà membre de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy lors de son premier voyage officiel au Maroc, Rachida Dati aurait su transformer ses fonctions politiques en un passeport diplomatique personnel. Proche de l’ambassadrice Samira Sitaïl, elle disposerait, selon certains communicants, d’un accès direct au monarque, court-circuitant les protocoles habituels. selon cette même presse, cette influence s’est manifestée de manière éclatante lors de l’annonce historique de la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental par Emmanuel Macron en juillet 2024. Si l’intéressée dément avec vigueur avoir été la messagère de cette lettre, affirmant même «ne pas connaître le roi», les faits décrits par l’hebdomadaire dépeignent une réalité bien plus imbriquée. Cette polémique éclate dans un climat déjà saturé par les soupçons d’ingérence. Du scandale du «Marocgate» au Parlement européen au licenciement de Rachid M’Barki sur BFM TV, les tentatives de lobbying de Rabat sur le sol français sont scrutées avec une méfiance croissante. Certaines sources évoquent que Pour Rachida Dati, cette affaire prend une tournure éminemment politique alors qu’elle s’apprête à affronter d’autres visages de la diaspora marocaine, comme Sarah Knafo, dans la course pour Paris. Entre dénégations formelles et révélations documentées, la ministre de la Culture voit son ambition municipale parasitée par ce que beaucoup perçoivent comme un mélange des genres périlleux, où la diplomatie de couloir semble primer sur le devoir de réserve. Pour Le Canard Enchaîné et les médias d’investigation, le récit se concentre sur la liberté de la presse. Ils dépeignent Rachida Dati non pas comme une ministre française, mais comme une représentante officieuse du pouvoir marocain. La presse française relève que l’usage de pressions directes sur des directeurs de rédaction (comme Bruno Jeudy) pour censurer ou discréditer une enquête critique sur un chef d’État étranger. Ironique et inquisitrice, elle interroge la compatibilité entre ses ambitions municipales à Paris et ses allégeances supposées à Rabat.
La Presse Maghrébine : Un Prisme Géopolitique
Concernant cette affaire les Médias algériens adoptent une posture très critique, qualifiant la ministre de « franco-makhzénienne ». Ils utilisent l’affaire pour dénoncer une diplomatie française qu’ils jugent « sous influence » et pointent du doigt ses déboires judiciaires récents (perquisitions de fin 2025) pour affaiblir sa crédibilité. Coté presse française, des titres comme L’Express ou Libération traitent l’affaire sous l’angle du mélange des genres : Ils soulignent que cette polémique arrive au pire moment, alors que Rachida Dati joue son avenir politique sur la mairie de Paris. D’un côté, une ministre de la Culture qui multiplie les partenariats artistiques avec le Maroc (cinéma, littérature) ; de l’autre, une candidate dont les méthodes de communication « musclées » (attaques contre des journalistes comme Patrick Cohen en 2025) rappellent des pratiques que ses détracteurs qualifient de « trumpistes ». L’enquête de Thierry Oberlé, «Mohammed VI – Le Mystère », n’est pas une simple biographie ; c’est un scanner des rouages du pouvoir marocain qui touche à des sujets extrêmement sensibles, souvent qualifiés de « lignes rouges » par le Palais. Ce qui expliquent la virulence de la réaction de Rachida Dati auprès des médias, c’est que le livre lève le voile sur la solitude du monarque et ses absences prolongées du territoire marocain. Oberlé y décrit un roi de plus en plus distant des affaires courantes, déléguant la gestion du pays à un « premier cercle » de conseillers et d’amis d’enfance (comme Fouad Ali El Himma). Cette mise en lumière de la « vacance » relative du pouvoir est perçue à Rabat comme une tentative de déstabilisation de l’image de force de la monarchie. Un chapitre particulièrement explosif concerne l’influence grandissante des frères Azaitar auprès du souverain. Le livre documente l’agacement croissant de la vieille garde sécuritaire marocaine et d’une partie de la famille royale face à l’ascendant de ces nouveaux venus sur le quotidien du roi. Pour le Palais, exposer ces tensions internes est un affront majeur. Selon la presse française, l’aspect le plus sensible du livre concerne l’implication présumée de « hauts personnages » dans le trafic de drogue international. Oberlé s’appuie sur des enquêtes judiciaires pour montrer comment certaines strates de l’appareil d’État auraient pu être compromises par l’argent du cannabis et de la cocaïne. En reliant indirectement l’entourage royal à ces réseaux, le livre touche au cœur de la réputation sécuritaire du Maroc. Thierry Oberlé analyse également comment le Maroc utilise des relais d’opinion en France pour lisser son image. Le livre pointe précisément le rôle de personnalités politiques françaises, dont Rachida Dati est l’une des figures de proue, qui agissent comme des boucliers médiatiques dès qu’une critique émerge contre le royaume. Pourquoi Rachida Dati est-elle montée au créneau ? Selon les analystes, son intervention auprès de La Tribune Dimanche visait deux objectifs : Donner des gages de fidélité au Palais : En montrant qu’elle est capable de « police médiatique » à Paris, elle renforce son statut d’interlocutrice privilégiée. En tentant de discréditer l’interview d’Oberlé, elle cherche à éviter que l’on ne s’interroge trop sur ses propres liens financiers ou politiques avec Rabat, sujet sur lequel elle reste très évasive.

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