Sahara occidental:
Après Madrid, une « commission technique » annoncée et une prochaine étape évoquée à Washington

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—
Les consultations préliminaires autour du Sahara occidental, tenues dans la discrétion après la séquence de Madrid, se seraient achevées il y a peu dans une atmosphère décrite comme plus complexe que prévu pour la partie marocaine. D’après les informations rapportées, l’issue immédiate ne serait pas un compromis politique de fond, mais un verrou procédural : l’installation d’un mécanisme de travail destiné à structurer la suite.

Le principal élément avancé est la création d’une « commission technique » composée d’experts internationaux, juristes et spécialistes des questions politiques, placée sous supervision conjointe américaine et onusienne. Sa mission serait d’examiner les dimensions pratiques, exécutives et juridico-institutionnelles liées à tout «accord-cadre» qui pourrait être formalisé entre le Maroc et le Front Polisario, en clarifiant les scénarios, les étapes et les obligations potentielles. Toujours selon ce récit, les États-Unis auraient obtenu un accord procédural entre les deux parties : programmer une prochaine ronde de négociations directes à Washington au mois de mai, avec l’objectif affiché de parvenir à la signature d’un «accord-cadre» ouvrant la phase suivante du processus. Dans l’arrière-plan, certaines indications renverraient à une architecture de compromis déjà connue des diplomaties, souvent associée aux propositions de règlement onusiennes des années 2000. Mais le nœud central resterait intact : la définition opératoire de l’autodétermination. Rabat maintiendrait que ce principe peut être réalisé à travers une autonomie sous souveraineté marocaine. Le Front Polisario, lui, continuerait d’exiger la formulation juridique complète du droit à l’autodétermination, sans l’arrimer exclusivement, ni même partiellement, au seul schéma d’autonomie, et affirme avoir résisté à des pressions destinées à réduire ce champ. Dans l’évaluation qui circule, la délégation sahraouie serait sortie confortée, estimant avoir imposé son cadrage de négociation et absorbé les pressions exercées durant les échanges, tout en se déclarant satisfaite de l’ouverture d’un chantier technique qu’elle juge favorable à sa position. À l’inverse, le Maroc apparaîtrait confronté à des contraintes diplomatiques qualifiées d’inhabituelles par leur intensité, sur un dossier où l’implication internationale tend à s’épaissir. La séquence décrite marque en tout cas une inflexion : la montée en puissance d’un traitement « technique » (comités, clauses, mise en œuvre) parallèlement au bras de fer politique sur le statut final. La prochaine étape, si elle se confirme à Washington en mai, sera un test décisif : savoir si l’accord annoncé demeure un simple habillage procédural ou s’il préfigure une reconfiguration réelle du cadre de règlement.

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