Le paradoxe de l’aliénation:
Karine Le Marchand, de l’icône de la diversité au dérapage identitaire.

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L’arroseuse arrosée par ses propres préjugés : Karine Le Marchand, figure de proue du PAF et métisse revendiquée, vient de s’offrir une sortie de route spectaculaire sur le plateau de CNews, l’antre favori des polémiques identitaires. En confessant face à Pascal Praud ce xenophobe attitré avoir ressenti une forme de «peur» face au flux de voyageurs «noirs et arabes» à son arrivée de Nancy, l’animatrice n’a pas seulement raconté une anecdote d’enfance; elle a jeté de l’huile sur un feu social déjà dévastateur. C’est un comble de l’ironie pour celle qui est née Karine Mfayokurera, de sang burundais, que de s’adonner au jeu dangereux de la stigmatisation sur une chaîne dont la ligne éditoriale flirte de plus en plus avec l’obsession migratoire. Comment peut-on, d’un côté, célébrer l’apport «brillant» des travailleurs immigrés dans un documentaire promotionnel sur M6 et, de l’autre, valider la rhétorique de la méfiance instinctive sur le plateau d’en face? Ce grand écart idéologique frise le cynisme ou, au mieux, une amnésie identitaire déconcertante. Cette «peur» confessée, même drapée dans la naïveté d’une provincialité passée, résonne aujourd’hui comme un signal faible envoyé à l’extrême droite, un petit « entre-soi » médiatique où le rire complice remplace l’analyse. Pour les députées Ersilia Soudais et Léa Balage El Mariky, le constat est sans appel: il s’agit d’un dérapage raciste pur et simple. En saisissant l’Arcom, elles rappellent à l’animatrice que l’on ne peut pas jouer impunément avec les préjugés pour faire de l’audience, surtout quand on incarne soi-même cette France plurielle. Entre narcissisme médiatique et maladresse coupable, Karine Le Marchand vient de briser le miroir de la bienveillance qu’elle cultivait avec tant de soin. Désormais, le regard se tourne vers l’Arcom. La saisine par deux députées place le gendarme de l’audiovisuel devant une responsabilité cruciale. Si l’Arcom a souvent été critiquée pour sa mansuétude envers CNews, le cas Le Marchand est unique : il s’agit de déterminer si le récit d’une sensation subjective de peur peut être qualifié d’incitation à la haine ou de discrimination. Une sanction marquerait un tournant, rappelant que l’origine de celui qui parle ne l’autorise pas à propager des stéréotypes racistes. À l’inverse, une absence de réaction confirmerait, pour beaucoup, une impunité systémique sur certains plateaux, laissant Karine Le Marchand seule face au tribunal, bien plus implacable, de l’opinion publique et des réseaux sociaux.

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