Pourquoi Sánchez a-t-il changé de position sur le Sahara occidental ?:
Un rapport espagnol fait exploser des révélations secrètes

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—Le média espagnol The Objective a publié des révélations retentissantes qui rebattent les cartes d’un dossier hautement sensible en Méditerranée occidentale : le virage historique du président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez sur la question du Sahara occidental. Selon l’enquête, ce changement stratégique ne serait pas le fruit d’une simple réévaluation diplomatique, mais s’inscrirait dans le sillage d’une affaire d’espionnage explosive. Le téléphone de Sánchez aurait été infiltré par le logiciel israélien Pegasus, dans un contexte régional déjà sous haute tension. D’après les informations révélées, des rencontres secrètes se seraient tenues en janvier 2022 entre des émissaires de Madrid et de Rabat, avec une médiation israélienne, afin de «contenir les dégâts» liés à l’affaire Pegasus. Deux réunions discrètes auraient eu lieu, l’une à Marrakech, l’autre à Malaga, réunissant des représentants de haut niveau mandatés par la Moncloa et des responsables marocains. L’objectif : tourner la page d’un scandale susceptible d’ébranler les plus hautes sphères de l’État espagnol. Outre le téléphone de Pedro Sánchez, ceux de plusieurs ministres, Défense, Intérieur et Agriculture, auraient également été ciblés. Le rapport affirme que l’exécutif espagnol était informé dès le départ de l’ampleur des données extraites, estimées à 2,6 gigaoctets. Pourtant, l’affaire est restée sous silence pendant près d’un an. Quelques semaines après ces réunions confidentielles, en mars 2022, Madrid envoyait une lettre au roi du Maroc Mohammed VI, qualifiant le plan d’autonomie marocain de «base la plus sérieuse, crédible et réaliste» pour résoudre le conflit. Un enchaînement de faits qui interroge. La coïncidence entre le piratage, la gestion discrète de la crise et le revirement diplomatique nourrit aujourd’hui les soupçons d’un accord tacite conclu dans l’ombre. Les répercussions furent immédiates. L’Algérie a rappelé son ambassadeur et suspendu le traité d’amitié avec Madrid, ouvrant une crise diplomatique durable. De son côté, le Front Polisario a gelé ses relations avec l’Espagne, dénonçant une trahison historique. Alors que les tensions persistent, des efforts internationaux se poursuivent en coulisses. L’ambassade américaine à Madrid aurait récemment accueilli des discussions entre les parties concernées, dans un contexte où Washington chercherait à promouvoir un accord-cadre dans les mois à venir. Derrière les discours officiels et les déclarations diplomatiques, l’affaire Pegasus continue de projeter son ombre sur la politique étrangère espagnole. Et une question demeure : le tournant de Madrid relève-t-il d’une conviction stratégique assumée ou d’un compromis négocié dans le secret des chancelleries ?

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