Visiblement le ministre français de l’intérieur est reparti satisfait, suite à la visite de deux jours qu’il vient d’effectuer dans la capitale algérienne. Pourtant il n’a pas fait la Une des médias français coutumiers de parler de l’Algérie, surtout en termes peu flatteurs. Est ce que cette reprise de contact car il n’est pas encore question de dialogue ne plait pas à ces milieux hostiles à l’Algérie dont la plupart des médias font écho? Il est fort probable que ce soit le cas. Comme nous l’avons dit au cours de notre édition d’hier tous les médias français sont polarisés sur cette affaire Quentin qui a capturé les écrans et les pages de la presse écrite 48 heures durant et cela continue. La visite de Laurent Nunez en Algérie, pays considéré comme l’humiliateur numéro un de la France (dixit Bruno Retaillau) qui occupait les plateaux télé durant des mois a juste été évoquée et avec parcimonie oserons–nous dire. Juste un flash info sec non suivi de commentaire comme cela a toujours été le cas même si on y a saupoudré l’affaire du journaliste emprisonné, Christophe Gleizes. Pourtant ce n’était nullement l’ordre du jour de la visite du ministre de l’intérieur. Revenons à cette visite de Laurent Nunez. Ce dernier ne s’attendait pas à un tel accueil dépourvu d’animosité. Le coté décontracté et le sourire étaient de mise chez ses interlocuteurs algériens. Pas une seule crispation ou un mot déplacé. Les bras tendus vers lui par son homologue algérien dès sa descente d’avion ont aussitôt mis fin à l’anxiété sans doute dissimulée de Nunez. Plus détendu que jamais le ministre français ne s’attendait certainement pas à ce qu’il soit reçu par le présidentTebboune et lorsque cela s’est fait et qu’il serra la main au chef de l’Etat algérien lequel le mit immédiatement à l’aise il comprit que l’espoir d’un dialogue entre les deux pays est non seulement possible mais faisable. C’est muni d’une telle impression qu’à la sortie du palais présidentiel il livra sa pensée en déclarant que les verrous qui faisaient jusqu’ici obstacle ont été en partie dévérouillés et ce n’est pas rien a t-il insisté. On sait, quant à nous, de quoi il est question. Il s’agit premièrement de la reprise à haut niveau des questions sécuritaires qui intéressent les deux pays et particulièrement la France, comprendre par là la situation qui prévaut depuis quelque temps au Sahel. La France reconnait qu’elle est aveugle sur ce qui se passe dans le sub saharien et qu’elle a un besoin vital carrément existentiel du renseignement algérien, classé un des meilleurs au monde. Deuxièmement il y a la question migratoire jugée irrégulière et ces OQTF algériens considérés comme indésirables sur le sol français à cause de leurs agissements non conformes au droit français. Il semble qu’on soit arrivé à un accord sur cette question ultra sensible pour le gouvernement français. On ne connait certes pas les détails mais tout indique que Laurent Nunez emporte avec lui des engagements qu’on veut garder secrets pour que ceux–ci ne soient pas sabotés comme cela avait été le cas lors de la visite l’année dernière à Alger de Jean Noel Barrot lequel affichait une satisfaction à peine dissimulée mais qui à son retour en France fut esquintée pièce par pièce par les interventions répétées d’un certain Bruno Retaillau, alors ministre de l’intérieur, mais aussi l’attitude plus qu’ambifugue de François Bayrou, alors premier ministre, à l’époque. Cet épisode reste encore gravé dans les mémoires et c’est sans doute pour cela qu’on veuille agir dans la plus grande discrétion vu le climat peu amène envers l’Algérie de la part d’une partie de la droite et de toute l’extrème droite .
