Notre ministre des affaires étrangères s’est rendu hier, lundi, à Moscou. Il était accompagné par une délégation arabe de haut niveau et du secrétaire général de la ligue arabe. La veille dimanche il s’était rendu à Varsovie où il a pu s’entretenir avec des responsables politiques ukrainiens. Après la Turquie c’est à présent le tour du monde arabe conduit par l’Algérie d’essayer de mettre fin à cette guerre entre deux pays considérés comme amis.
Jusqu’à présent toutes les tentatives extérieures ont échoué. Qu’il s’agisse d’Israël ou de la Turquie. Que le monde arabe s’implique aujourd’hui la chose n’est pas fortuite car les Arabes, tous les Arabes se sont abstenus de condamner la Russie car pour eux les raisons de cette guerre ne sont pas simples et prendre parti pour l’un au détriment de l’autre, c’est perdu d’avance pour toute diplomatie responsable. La Russie entretient des relations d’amitié intenses avec des pays comme l’Algérie, l’Égypte et l’Irak. Or ces pays entretiennent également de bons rapports avec l’Ukraine. Leur neutralité est un gage pour Moscou qui se méfie de l’occident, de la Turquie, membre de l’Otan et d’Israël soumis au diktat américain. La dernière tournée d’Antony Blinken à Alger y est sans doute pour quelque chose. Il a sans doute demandé au président Tebboune et à son homologue Lamamra d’actionner cette diplomatie dont l’Algérie est passée maître. Souvenons-nous de la guerre civile au Liban, c’est à un certain Lakhdar Brahimi que l’on doit la fin de ce conflit. Plus loin dans le temps c‘est aussi à un certain Mohamed Seddik Benhyahia que l’on doit la libération des 42 otages américains retenus prisonniers par les gardiens de la Révolution iraniens. C’est donc au tour de Ramtane Lamamra de passer à l’action. Notre ministre les Russes le connaissent bien et ils ont confiance en son jugement impartial. Il entretient d’excellents rapports avec Serguei Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères. De plus notre chef de la diplomatie n’est pas allé tout seul à Moscou. Il est accompagné par les ministres des affaires étrangères de Jordanie, du Soudan, d’Irak et d’Égypte pour signifier aux Russes que cette initiative est arabe. Ce n’est pas sans signification car la Fédération de Russie entretient les meilleures relations avec ces pays. Auparavant la délégation conduite par Lamamra s’était rendue à Varsovie où elle s’est entretenue avec des politiques ukrainiens pour entendre ce qu’ils ont à proposer de sérieux pour susciter enfin quelque intérêt des Russes car jusqu’ici les ukrainiens ont fait des propositions en demi-teinte qui n’ont pas convaincu Moscou. Lorsque Lamamra discutera avec son homologue Lavrov il lui dira ce qu’il pense d’une telle rencontre et ce qui paraîtra pour Moscou digne d’intérêt. À partir de là notre diplomatie pourra se mettre à l’œuvre et court-circuiter les Européens car les Américains qui sont dès le début de cette guerre aux manœuvres jouent un double jeu et si un accord intéressant pointe à l’horizon où ils seraient partie prenante ils abandonneront les Européens comme ils l’ont toujours fait jusqu’ici. Pour eux ce qui compte c’est de mettre fin à cette guerre qui coûte déjà cher aux citoyens américains. Washington sait que si cela continue cela pourrait faire retourner l’opinion publique américaine qui souffre déjà d’une inflation galopante à cause de l’érosion du pouvoir d’achat d’une grande partie des Américains qui commencent déjà à se plaindre du prix de l’essence qui ne cesse d’augmenter poussant même Joe Biden à puiser dans les réserves stratégiques du pays.
