L’élection française et le sort de nos ressortissants établis en France:
Suspens jusqu’à 20 heures

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Ce soir, dimanche 24 avril à vingt heures précise (heure française) on connaitra le nom du prochain(e) président de la république. Emmanuel Macron, le président sortant ou Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite ? On sait que l’écrasante majorité de nos compatriotes ayant la citoyenneté française ont donné leur voix au premier tour à Jean Luc Mélenchon. Voteront-ils aujourd’hui pour Emmanuel Macron ?

Jeudi dernier le président sortant est allé à Saint- Denis, agglomération où vivent un grand nombre de franco-algériens mais également des Africains, eux aussi français. Il est allé pour les convaincre de glisser leurs bulletins dans l’urne pour lui car étant le seul à éliminer celle qui a juré de rendre difficile la vie à tous ceux et celles qui ne sont pas des français de souche. L’enjeu pour nos compatriotes, français ou non est énorme. Pour rappel, La Seine Saint Denis a donné vainqueur le leader de la France insoumise pour 60% des suffrages. Jean Luc Mélenchon a littéralement écrasé tous ses rivaux dans ce département mais aussi dans toutes les banlieues parisiennes et dans les villes où résident un grand nombre de nos concitoyens de nationalité française, ceux des deux autres pays du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et de l’ouest. Cela en fait beaucoup. Le leader de la France insoumise a répété trois fois lors de son intervention le soir du premier tour qui avait annoncé vainqueurs Macron et Le Pen. Il a dit avec insistance « Ne donnez aucune voix à Marine le Pen ». Certes il n’a pas dit explicitement « votez pour Macron » car il se serait déjugé et aurait détourné une grande partie de son électorat qui n’a jamais apprécié le président sortant. L’incertitude planait donc sur cette importante réserve de voix. La possibilité d’un vote blanc ou carrément l’abstention était réelle mais il y a eu le débat du 20 avril qui a opposé les deux candidats et là Marine le Pen sur les questions de l’immigration et du port du voile cette dernière a révélé ses véritables intentions, qui ne sont, du reste, pas très éloignées de celles d’Eric Zemmour, ce candidat raciste et xénophobe qui voulait chasser de France un million d’immigrés et voulait effacer la religion musulmane de l’hexagone. Marine Le Pen qui n’en pense pas moins avait pris le soin de maquiller ses propos mais cela ne trompait personne. Au cours de ce débat elle a maintenu son intention d’interdire le port du voile pour toute musulmane croyante qui le portait par conviction et non sous la pression comme le prétendait la candidate de l’extrême droite. La position d’Emmanuel Macron est notablement différente sur cette question car pour le président sortant si on interdit le foulard, on doit également interdire la Kipa pour les juifs et le port de la croix pour les confessions chrétiennes, ce qui est en contradiction fondamentale avec la loi de 1905 imposant la laïcité et la séparation à l’époque de l’Église et de l’État.Certes depuis la loi de 1905 a évolué puisque l’Islam est devenu la deuxième religion de France, la troisième étant le judaïsme.  Enfonçant le clou sur cette question de la croyance, très sensible au demeurant, il dit à Marine Le Pen textuellement « Voulez-vous provoquer une guerre civile dans ce pays » laissant éberluée la candidate de l’extrême droite qui n’a pas su répondre. Le président sortant ne s’arrêta pas là lorsqu’il dit « Voulez-vous ôter le voile à la mère de ce soldat français musulman, tué par Mohamed Merah ? Que penserait cette maman qui pleure encore son fils et qui est une musulmane pratiquante ? » Ces questions sur l’immigration, l’expulsion de tous les maghrébins, africains et tous ces musulmans vivant en France a fait la différence au cours de ce débat. D’ailleurs au lendemain de ce 20 avril un sondage réalisé par Ipsos, organisme très sérieux et dont les résultats ont toujours été au plus près de la vérité a fait ressortir que 37% de ceux qui ont voté Mélenchon au premier tour ont manifesté leur intention de voter pour Emmanuel Macron, même s’ils ne partagent pas la teneur de son programme. En Algérie en cette soirée du 20 avril, beaucoup de nos concitoyens ont vu l’intégralité de ce débat transmis par les chaines télé françaises. La plupart d’entre eux ont un parent installé sur l’autre rive de la Méditerranée et ils ne sont jamais insensibles à ce qui se passe de l’autre côté. Côté officiel, pas de commentaires selon le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un autre pays mais ne nous voilons pas la face tout le personnel politique algérien n’est pas indifférent à ce qui se joue actuellement en France et à vingt heures ce soir du dimanche 24 février c’est la configuration des relations entre les deux pays qui se joue et ce n’est pas rien !

 

 

 

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