L’unité ADE de Mila est confrontée à une multitude de défis qui ont fini par étriquer gravement ses prestations de services et impacter sa trésorerie. L’absence de subventions étatiques conjuguée à la masse de créances détenues par ses clients éprouvent énormément la finance de cette entreprise. L’unité attend, depuis 2019, une subvention étatique de 79, 5 milliards de centimes, sans rien recevoir jusqu’à présent. Le montant représente les droits de transfert à l’ADE, du service de gestion de l’eau au niveau des 4 communs de Zeghaia, Benighecha, Sidi khelifa et Ain El Beida Hrich. Aussi, les responsables de l’entreprise ont appelé les autorités, à l’occasion de la 1ère session de l’APW tenue récemment, à débloquer ces fonds dans les meilleurs délais afin de permettre à l’unité de remplir sa mission dans de bonnes conditions. Par ailleurs, l’ADE trouve énormément de difficultés à recouvrer ses créances, notamment celles retenus par les administrations. Vingt-quatre communes au niveau de la Wilaya sont endettées envers l’établissement. Elles détiennent un montant de 45 milliards de centimes. À titre d’illustration, l’APC de Zeghaia détient à elle seuls des créances d’une valeur de 31 milliards. En outre, l’unité continue de payer sur son fond propre des escouades d’agents censés être payés par le Ministère des Ressources en Eau. Recrutés dans le cadre de l’instruction du 15 mars 2019, portant mesures d’urgence et de protection des infrastructures hydrauliques, ces agents ont été payés par le ministère, conformément à l’esprit du texte législatif mentionné plus haut ; mais depuis le 4ème trimestre de l’année 2015, ce département ministériel a cessé de verser les salaires de ces travailleurs. Cela pousse actuellement l’entreprise à les prendre en charge sur son compte propre au risque d’aggraver ses déficits budgétaires. Elle a, jusqu’au mois d’avril dernier, déboursé pas moins de 29 milliards de centimes en guise de salaires de ces employés. Lors de la session de l’APW, le directeur de l’établissement a appelé le Ministère des Ressources en Eau à honorer ses engagements en matière de salaires des travailleurs concernés. Mais les problèmes de cet établissement ne sont pas pour s’arrêter là. Le rédacteur du rapport présenté à l’APW précise que la trésorerie de l’entreprise est éprouvée par d’autres facteurs. En effet, il a soulevé la pénalisante différence existant entre le coût excessif de revient d’un mètre cube d’eau et son modeste coût de vente. Il a, en effet, révélé que la production d’un mètre cube d’eau revenait à 47 DA, alors que l’entreprise le livre à seulement 17 DA au consommateur. Un grave manque à gagner pour la balance commerciale de ce fournisseur public de la ressource hydrique. Bref, l’ADE de Mila s’enlise dans une situation abracadabrante, qui pourrait impacter plus dangereusement encore le service public qu’elle assure si les pouvoirs publics ne viendraient pas à son secours au temps opportun. À bon entendeur.
