Le secteur privé s’octroie la part du lion dans les activités économiques du pays, c’est ce qu’a affirmé récemment le ministre de l’industrie qui a ajouté qu’il existe actuellement 1,3 millions d’entreprises appartenant à ce secteur qui sont partagées entre grandes et moyennes.
Cette tendance d’accentuation du secteur privé dans l’économie du pays ne date pas d’aujourd’hui. Elle a pris de l’essor au cours des vingt années de présidence d’Abdelaziz Bouteflika. Elle continue aujourd’hui avec l’actuel président de la république qui a imprimé l’objectif de libéraliser l’économie nationale et de s’ouvrir au monde extérieur, notamment avec les nouvelles règles facilitatrices introduites par le nouveau code des investissements. Si on comprend bien Il n’y a que 15% d’activités économiques détenue par le secteur public. On est très loin de la décennie soixante-dix où ce secteur monopolisait l’ensemble des domaines de l’économie nationale. C’est une Algérie qui a rompu graduellement avec le système socialiste qui a causé un retard énorme et préjudiciable au fonctionnement de l’économie du pays. Certes au cours du règne du défunt président il y avait une certaine anarchie dans le fonctionnement du secteur privé notamment singularisé par des disparités qui favorisaient quelques-uns au détriment des autres et souvent ces « quelques-uns » se sont emparés de secteurs sensibles qui leur rapportaient gros. C’est le cas des oligarques que nous avons connus au cours de cette période et dont la plupart répondent aujourd’hui de leurs actes devant la justice. La plupart des entreprises leur appartenant sont aujourd’hui saisies et attendent leur sort économique, comme l’a expliqué le ministre de l’industrie. Des unités industrielles aujourd’hui à l’arrêt suspendues jusqu’au classement définitif de leurs dossiers par la justice. Ces entreprises sont viables économiquement et pourront concourir une fois leurs dossiers classés à la relance des secteurs dans lesquels elles activaient. Est-ce qu’elles rejoindront le secteur public ? Le ministre a été évasif dans sa réponse se contentant de dire qu’il y a plusieurs options qui sont actuellement discutées et analysées dans son ministère. Tout semble indiquer, cependant, que l’option nationalisation n’est pas la meilleure car on sait que la gestion publique de l’activité économique enferme des dysfonctionnements qui causent des difficultés à la compétitivité requise pour l’exercice de toute performance. Par ailleurs le nouveau code des investissements permet aujourd’hui à un opérateur privé national de s’approprier la totalité ou une partie des parts sociales du capital de ces entreprises saisies. Un investisseur étranger offrant toutes les garanties suffisantes pour le rachat de ces entreprises peut également se les approprier ou s’associer avec un partenaire national privé ou public. Au cours des dix prochaines années le paysage économique du pays changera du tout au tout. Toute laisse à prévoir que l’État se dessaisira progressivement d’un secteur public devenu encombrant à l’exception des domaines de souveraineté. L’Algérie commence enfin à ressembler au reste du monde, un monde dans lequel elle était absente durant des décennies.
