Une déchéance culturelle à Annaba :
Entre cinémas fermés, théâtre délaissé et chanteurs en attentes 

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Propos recueillis par Hadjer Bouazizi et Yasmine Lina Semra

Annaba, ville antique dont la richesse entre vestiges historiques et patrimoine culturel n’est plus à démontrer. Annaba est aussi cette pléiade d’artistes connus à l’échelle nationale et aussi internationale mais qui semble se départir volontairement de cette panoplie de jeunes artistes qui ne cherchent qu’à égayer la ville et préserver ce valeureux patrimoine en déperdition faute de prise en charge de ceux qui sont chargés de veiller sur ce trésor dont les origines sont vieilles parfois de plusieurs siecles.

Cinémathèque Annaba un seul refuge pour les cinéphiles !

L’organisme chargé de conserver, de restaurer et de mettre à disposition du public le patrimoine cinématographie…’’ Cinémathèque Annaba’’. Ce musé du cinéma fut ouvert en 1967; compté parmi les salles les plus importantes du pays avec une capacité avoisinant les 500 personnes. Ce lieu de distraction est en effet, classé le premier à l’échelle nationale concernant les projections cinématographique pour enfants, selon le directeur de la cinémathèque durant notre dernier entretien avec lui. Ce dernier nous a, aussi fait savoir que la cinémathèque avait enregistré pas moins de 2.000 entrées, durant la période post-Covid, malgré les restrictions sanitaires. Selon notre interlocuteur la cinémathèque d’Annaba attire généralement la tranche estudiantine, dont est parvenue l’idée de la projection de deux films réalisés par deux jeunes talents bônois suivis d’un débat dans les jours à venir. Il est nécessaire de mentionner que les séances de projections hebdomadaires programmées au sein de la cinémathèque sont établies par le club « Cinéphiles de Bône », qui est un collectifs de jeunes bénévoles à but non lucratif, afin de créer des créneaux d’échanges culturels, pour faire revivre le cinéma dans la ville d’Annaba. Ajoutons que le film dramatique algérien ‘’Héliopolis‘’ est l’un des films les plus demandés à la cinémathèque d’Annaba, faisant état de huit projections, en l’espace d’un mois, selon le programme partagé sur le réseau social de la cinémathèque. Ce film est réalisé par Djaffar Gacem et sorti en 2011. ‘’Héliopolis‘’ en référence avec un petit village à 5km de la ville de Guelma et qui a eu l’Oscar des meilleurs films internationaux des années 1994. La Cinémathèque algérienne fut créée en 1965, elle est devenue un des plus grands musée du cinéma en Afrique et dans le monde arabe. Dans le même contexte, le directeur en question, a affirmé que durant la période de pandémie l’activité de la cinémathèque  a été maintenue en s’adaptant avec l’instauration d’un festival virtuel qui offrait pas moins de trois films par mois permettant ainsi de répondre aux besoins des cinéphiles habitués à cette salle obscure. Une des plus importantes initiatives lancées après ‘’un testing‘’ des projections virtuelles mises au profit des internautes durant le confinement. Toutefois, la cinémathèque d’Annaba outre sa flexibilité et son adaptation collabore pour la plupart des programmations avec la faculté Badji Mokhtar ou encore la direction de la culture, et ce afin de répondre aux besoins culturel de manière affinée.

Les salles de cinémas toutes fermées jusqu’à nouvel ordre !

Est-t-il normal qu’Annaba ne dispose d’aucune salle de cinéma digne de ce nom ? Parmi les quatorze cinémas existants au niveau de la wilaya aucune d’entre elles n’est mise à la disposition de la population. Toutefois, il y en a deux à trois salles ouvertes, à savoir, El-Karama, Edough et Olympia qui sont transformées pour accueillir des activités non artistiques. En effet, la salle de l’Olympia est presque transformée en une cafétéria. Dans une ancienne époque, chaque salle était spécialisée en un genre de films, à savoir, Hindou, Egyptien, Américain, Action, etc… Aujourd’hui, le 7éme art au niveau de la wilaya d’Annaba est dans les oubliettes…Une honte pour la quatrième ville du pays.

Que faut-t-il faire pour relancer le cinéma à Annaba ? Les solutions existent, la volonté en manque.

La réouverture du théâtre de verdure…Une promesse non tenue !

Abandonné depuis prés de trois ans à son propre compte, une image déplorable pour la ville d’Annaba qui est censée être une ville touristique par excellence…Le théâtre de verdure l’un des endroits qui était très fréquenté par les Annabis est carrément oublié. Suite à notre dernier entretien avec le directeur de l’office culturel M. Abdelhamid ce dernier  nous a fait savoir qu’une enveloppe financière d’un milliard 700 millions de centimes a été débloquée pour la réhabilitation de ce dernier, qui était censée être débuter ce mois, pour offrir aux familles et aux estivants une aire de détente et de loisirs, mais en vain !  Ce flagrant retard suscite moult interrogations, sur le respect du délai du lancement des travaux de réhabilitation. Malheureusement, il n’en est rien, jusqu’à l’écriture de ces lignes.

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