Abderrahmane Benbouzid, ministre de la santé continue sa tournée des hôpitaux publics et des secteurs sanitaires du pays. Il veut se rendre compte en personne de l’état des lieux et là personne ne pourra le tromper car étant lui-même issu du monde médical. Il connait mieux que quiconque ce qui se passe dans son secteur et pour le moins que l’on puisse dire on ne peut lui faire passer des vessies pour des lanternes.
Lors d’un point de presse, lundi dernier, le ministre a annoncé que des réformes importantes du système sanitaire sont envisagées et celles-ci visent un objectif primordial : La réponse formulée par les citoyens quant à la disponibilité des soins et leur qualité. Pour y arriver il faudrait, selon le ministre, revoir de fond en comble la manière de gérer notre système national de santé. Sans critiquer ouvertement les précédentes réformes connues dans ce domaine, le ministre laisse entendre qu’elles se sont montrées inefficaces. Pour Abderrahmane Benbouzid les problèmes que connait le système de santé sont bien sûr d’ordre structurel mais pas seulement il y a également un problème de qualification des personnels médicaux et cela commence avec les aides-soignants, les infirmiers pour aboutir aux médecins de consultation ou spécialisés. Selon le ministre il faut mettre le paquet dans le domaine de la formation laquelle doit être adaptée aux nouveautés introduites dans la technicité médicale qui évolue chaque jour. Pour le ministre il y a aujourd’hui des exigences dont le personnel médical ne peut se passer. Dans le domaine de la gestion hospitalière et celle des annexes de santé publique la numérisation doit se généraliser a ajouté le ministre. Les méthodes anciennes qu’on continue d’utiliser sont souvent la source de tous les problèmes que connait notre système de santé a encore souligné le ministre. En ce qui concerne le personnel des hôpitaux publics et des cliniques publiques, le ministre reconnait un manque. Il faut a-t-il dit recruter davantage de personnel et décentraliser celui-ci. Il ne s’agit pas a ajouté le ministre de renforcer davantage les hôpitaux des grandes villes car celles-ci attirent souvent les nouveaux médecins ou para médicaux. Il faut au contraire pourvoir les structures sanitaires des villes moyennes, nécessairement celles des hauts plateaux et du sud du pays considérés par les habitants de ces régions comme des déserts médicaux. Pour arriver à intéresser de potentiels recrutements dans ces régions en manque il faut rendre le déplacement dans ces zones territoriales attrayant. Ceux qui se rendront dans ces régions doivent être logés et bénéficier de primes en plus d’un salaire suffisant pour eux. Selon le ministre cette question des salaires et des conditions de travail sera au cœur des discussions qu’entamera le ministère de la santé avec les partenaires sociaux « On s’y prépare » a souligné M. Benbouzid qui a ajouté que des discussions avec le secteur privé de médecine sont également prévues et prévoient l’harmonisation des méthodes de travail et de gestion des deux secteurs. Pour le ministre ceux-ci ne doivent pas se concurrencer mais être complémentaires. Il faut viser une mutualisation des efforts a encore ajouté le ministre. Cette réforme qui sera graduelle dans son application changera complètement le système de santé. Abderrahmane Benbouzid est le ministre qu’Abdelmadjid Tebbboune a choisi pour appliquer le contenu de son programme présidentiel dont la santé publique figure en bonne place. Jusqu’ici ce ministre a géré convenablement son secteur surtout au cours de la pandémie du Covid où ses interventions fréquentes et ses déplacements ininterrompus ont forcé le respect des personnels soignants et de partenaires sociaux. En plus du professeur de médecine qu’il est ce ministre est ouvert au dialogue et aux nouveautés introduites dans le domaine de la médecine. Alors quand il annonce une réforme profonde du système de santé publique algérien personne n’ose mettre en doute ses déclarations.
