Le gouvernement a fait des efforts, relativement conséquents, pour augmenter les salaires des fonctionnaires et les pensions de retraite, réduisant à cet effet quelque peu l’inflation des prix, qui restes certes élevée, mais néanmoins subissant une réduction qui a permis à des millions de personnes de se maintenir à flot. Et voilà que l’Aïd El Adha pointe son nez en affichant un prix du mouton équivalant à une fois et demi le salaire mensuel des fonctionnaires et retraités.
Malgré les assurances fournies par le ministre du commerce les prix du mouton de l’Aïd El Adha flambent et ont même atteint un niveau d’alerte. Les souks affichent pour tout mouton à cornes bien visibles un prix de 70 000 dinars et plus. Quant aux « ragadas » cela dépasse les 100 000 dinars et peuvent aller jusqu’à 150 000 dinars. Bien sur ce n’est pas ce genre de moutons que l’Algérien moyen achète généralement. Il ne demande qu’à acheter à un prix modéré un mouton à petites cornes pour ne pas faillir à la tradition abrahamique. Sauf qu’un tel mouton est cédé à 50000 dinars et juste de petites cornes pour donner le change. Évidemment la plupart des gens qui se rabattront sur ce genre de mouton mettront toute leur paie sur le carreau et s’endetteront au cours des jours qui suivront l’Aïd pour payer leur consommation courante et celle-ci, comme chacun le sait est élevée à cause de l’inflation des prix qui connaîtra certainement un rebond en cette période d’après fête où les épiceries et supérettes ne sont plus approvisionnées comme d’habitude à cause de la distribution qui s’octroiera un congé assez long au cours de cette période. Rude épreuve donc pour un pouvoir d’achat qui commençait à donner quelque petit espoir. Voilà donc les Algériens revenus à leur point de départ où tout ce qui se vend est brûlant. Quant aux petites gens ceux qui perçoivent des salaires allant de 30 à 40000 dinars leur envie stressante d’acheter à tout prix un mouton de l’Aïd quitte à s’endetter lourdement pendant au moins six mois elles se contenteront d’un petit mouton ayant la peau sur les os et qui sera consommé dans les 24 heures après avoir été abattu. Ainsi le second semestre de 2022 s’annonce déjà terrible sur les revenus de millions de citoyens.
