Une grève de deux jours (mercredi et jeudi) a été décrétée par le collectif des journalistes et employés du quotidien national. Ceux-ci réclament le paiement de leurs salaires impayés depuis quatre mois. Le Conseil d’administration se désole de cette décision et explique que c’est à cause du blocage des comptes de la SPA «El Watan». Un blocage pourtant prévisible à cause des mauvais résultats de vente et de la quasi absence de publicité.
Pour rappel « El Watan » dispose de sa propre imprimerie et ne fait pas appel à la publicité institutionnelle accordée aux autres journaux. « El Watan » risque de partager le même sort et l’État n’y pourra rien. Le quotidien « El Watan » s’adresse à un lectorat francophone de plus en plus réduit et surtout sélectif. En ajoutant une majoration de 10 dinars la réduction du nombre des lecteurs a vite été ressentie. De plus ce quotidien est confronté à un autre problème, celui du coût du papier dont le prix mondial a quasiment doublé « El Watan » s’est trouvé confronté à un autre grave problème de paiement de cette matière première indispensable. Longtemps soutenu par la banque où il est domicilié (CPA) il s’est vu notifié par celle-ci qu’elle ne pourra plus le soutenir car ses comptes sont au rouge. Malgré tous les efforts consentis par ce journal tout indique que sa situation financière ne s’améliorera pas et qu’un jour ou l’autre ce journal ne paraîtra plus. La direction de ce journal pensait, il y a quelques temps, qu’en ayant tous les moyens elle pourrait se passer en même temps de la publicité institutionnelle dont disposent la plupart des journaux paraissant dans le pays. Grave erreur car sans l’apport de cette manne publicitaire aucun journal en Algérie ne pourra paraître car chacun sait qu’à la différence d’autres pays peu d’Algériens lisent les journaux et particulièrement les jeunes qui représentent à eux seuls les deux tiers de la population. Ces derniers s’informent en permanence sur les réseaux sociaux et font peu de cas aux informations diffusées aussi bien dans les chaines télé que dans la presse papier. Cette vérité là les propriétaires de ce journal ne l’ont pas appréhendée à temps. Ils en paient aujourd’hui le prix. Les plus malheureux dans cette aventure décidée malencontreusement par ce journal sont bien sur les journalistes, certains de renom qui se retrouvent aujourd’hui face à une situation à laquelle ils ne s’attendaient surement pas et surtout qu’elle intervienne aussi vite. Aujourd’hui le conseil d’administration de ce journal sollicite l’aide de l’État. Après trente-deux ans de parution ce titre qui s’est imposé dans le champ médiatique et avait pris un envol spectaculaire pendant des années s’est finalement brûlé les ailes.
