Le dernier message du roi du Maroc à l’occasion de la fête du trône se voulant conciliant est en contradiction flagrante suite à la visite du chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kochari, à Rabat, intervenue le 19 juillet dernier, où il a été reçu en grande pompe. Que vient faire au Maroc l’israélien ? Certainement pas pour donner un sens à la normalisation entre son pays et le Maroc car un ministre israélien ou même le premier d’entre eux l’a déjà fait.
En réalité le Maroc est en train de se préparer à la guerre contre l’Algérie pour consolider définitivement son occupation du Sahara occidental. Il a besoin du concours des israéliens qui sont passés maîtres dans la manipulation pour justifier leur occupation d’une partie de la Palestine. Souvenons-nous de la guerre des six jours en 1967. Israël a inventé de toutes pièces le prétexte d’une attaque imminente des pays arabes riverains de l’État sioniste alors que les historiens ont prouvé qu’il n’en n’était rien et que l’Égypte, la Jordanie et la Syrie préparaient leurs armées pour se défendre et non pour attaquer. Israël est devenu le champion des prétextes pour déclencher une intervention militaire. A-t-il été contacté par les Marocains pour donner une idée à ce pays lui permettant d’attaquer l’Algérie en inventant ou en concoctant une sorte d’aspect légal à son intervention militaire contre notre pays ? C’est une hypothèse qu’il ne faut nullement écarter. Ce qui amène à penser que le discours d’apaisement du roi du Maroc est un leurre pour donner l’impression que le royaume veut la paix alors qu’en réalité il prépare la guerre. Il y a aussi une autre interprétation à faire concernant ce discours de conciliation adressé aux Algériens et à leurs dirigeants, celle d’un dépassement du pouvoir au sein de la monarchie. Le roi affaibli par la maladie n’est plus en mesure de gouverner comme il le faisait il y a quelques années. Un cercle de ce qu’on peut appeler « faucons » composé de généraux, d’oligarques et de membres de la famille royale gouverne aujourd’hui à la place du roi. Toutes les décisions belliqueuses envers l’Algérie sont le fait de ce cercle du pouvoir dont le premier ministre actuel n’est qu’un pion. Ce clan noyauté par la CIA depuis longtemps a saisi l’occasion que lui a donné l’ex président des États-Unis, Donald Trump en proposant la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental contre la reconnaissance d’Israël et l’établissement des relations diplomatiques. Ce cercle a sans doute fait pression sur le roi affaibli qui donna son accord. La question de savoir s’il a consenti de plein gré ou parce qu’il ne pouvait faire autrement reste un mystère qui sera sans doute résolu par les historiens quand ils aborderont cette page de l’histoire du Maroc. Aujourd’hui le Maroc fait face à un étranglement économique sans précédent. Pour le pouvoir politique actuel de ce pays c’est l’Algérie qui est en partie la cause : Fermeture hermétique des frontières empêchant le traditionnel circuit commercial qui existait de l’autre côté de la frontière algérienne et qui faisait vivre toutes les populations riveraines du Maroc,fermeture du gazoduc qui traversait ce pays pour alimenter l’Espagne et dont le Maroc prélevait de généreuses taxes mais également pouvait bénéficier d’un approvisionnement régulier à travers des connexions faites dans ce gazoduc, l’établissement d’une liaison terrestre avec la Mauritanie qui dépendait du commence marocain et qui aujourd’hui envisage de s’en passer préférant l’Algérie avec laquelle elle trouve largement son compte sur tous les plans. Tout cela a fini par étouffer économiquement le Maroc dont le peuple qui jusqu’ici montrait de la passivité est en train de monter au créneau et fait savoir au pouvoir de Rabat son exaspération. Y aura-t-il un printemps marocain ? Pour le moment ce n’est pas le cas bien que la situation sociale s’apprête à un soulèvement qui viserait cette fois-ci le roi lui-même et la monarchie. Ceux qui sont à la manœuvre à Rabat veulent débloquer cette situation qui tourne de plus en plus à leur désavantage. Ils espèrent qu’une guerre limitée aux frontières de l’Algérie leur donnerait l’occasion de faire appel à une sorte d’union sacrée pour faire oublier au peuple marocain son immense précarité.
