Dossier du Sahara occidental:
Le Maroc sur la défensive

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Le Maroc par la voix la plus officielle, autrement dit celle du roi, exhorte les amis et alliés de son pays à prendre position sur le dossier du Sahara occidental, Il leur demande la preuve de leur partenariat. Ladite preuve signifie pour le monarque que l’on reconnaisse sans détour la marocanité de tout le territoire sahraoui.
Il se trouve que depuis quelque temps et face à une opposition de plus en plus large chez les partenaires privilégiés du Maroc une partie de ces États, la plupart européens, dont la France, ne se sont pas déterminés sur le dossier sahraoui. Seul le gouvernement espagnol dirigé par Pedro Sanchez l’a fait en s’alignant sur l’idée marocaine d’une autonomie du territoire sahraoui tout en ne franchissant pas la ligne rouge, celle de la reconnaissance de la territorialité marocaine sur le Sahara occidental. Cette nuance sibylline n’est pas fortuite même si elle est ambiguë. Le roi du Maroc veut plus. Il demande un alignement complet sur ses thèses, ce que ne sont pas prêts à faire ces « amis » du roi et partenaires privilégiés. Ceux qui reconnaissent au Maroc le droit d’occuper le Sahara occidental se comptent sur le bout des doigts. Les États-Unis donnent aujourd’hui l’impression d’un retour en arrière. Le congrès est en train de pousser la Maison blanche à revoir sa position concernant cette reconnaissance hâtive et objet d’un marchandage qui est en contradiction manifeste avec le principe défendu par les Américains de la liberté de chaque peuple de disposer de son destin. Or la décision de Donald Trump qui n’a jamais fait l’unanimité même dans son propre camp contredit de manière flagrante ce principe dont les États-Unis en ont fait leur faire de lance diplomatique depuis Woodrow Wilson. La Chambre des représentants et le Sénat demandent actuellement à Joe Biden d’abroger cette décision de reconnaissance de la marocanité du territoire sahraoui arguant le fait qu’il doit y avoir une approche identique entre trois territoires objet d’un contentieux et litige de reconnaissance. Ces trois territoires sont Taiwan, l’Ukraine et le Sahara occidental. Un point de vue qui risque de pousser la Maison Blanche à retourner à sa position initiale, celle de l’autodétermination. Le Maroc se voit donc dans l’obligation de corriger sa nouvelle copie diplomatique qui n’a rien donné de concret. Or le roi ne veut pas en entendre parler d’où cet appel de détresse adressé à ses partenaires privilégiés. Or il se trouve que ces derniers ne veulent pas se mettre en porte à faux contre les résolutions de l’ONU. Au cours des votes à l’Assemblée générale, des pays considérés comme des alliés objectifs du Maroc se sont toujours abstenus mais n’ont jamais voté non à chaque résolution onusienne qui souligne le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. La dernière mauvaise surprise pour le roi concerne le rapprochement entre la France et l’Algérie. Un rapprochement vu de très mauvais œil par Rabat qui a toujours espéré un revirement à l’espagnol de sa diplomatie en faveur de la solution de l’autonomie mais l’Élysée continue de faire la sourde oreille sur cette question. Voilà à présent que les relations franco-algériennes sont hissées à leur plus haut niveau, ce qui éloigne toute position française plus ou moins favorable à la thèse marocaine. Or si la France qui condamne sans réserve la guerre en Ukraine a révélé l’alignement de l’Élysée à l’indépendance de toute l’Ukraine, y compris les territoires occupés aujourd’hui par les Russes. Il lui est impossible aujourd’hui de reconnaître l’occupation marocaine du Sahara occidental sans se déjuger. Par ailleurs tous les pays de l’Union européenne condamnent sans réserve l’occupation marocaine. Ces partenaires privilégiés sur lesquels le Maroc compte lui ont donné l’impression qu’ils l’ont tout simplement laissé tomber, d’où cet appel désespéré qui vient de leur être adressé.

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