Incendies à l’est-Le spectre de 2021 réédité:
Un bilan lourd qui aurait dû être évité

0
148

37 ou 38 morts et plus de 150 blessés dont certains graves, tel est le bilan de ces incendies ravageurs qui ont touché l’extrême est du pays. Si ce n’était que cela car en plus 20 000 hectares de forêts sont partis en fumée causant la mort de la faune et des animaux domestiques. Comment la météo nationale n’a-t-elle pas anticipé cet épisode dramatique ? Il y a aujourd’hui un tas de questions qui doivent impérativement trouver une réponse, non pas laconique, mais objective.

 

Certes les services de la protection civile n’ont cessé d’appeler à la prévention pour parer cette canicule qui a duré durant toute une semaine. Cependant un simple appel ne suffisait pas. On aurait dû anticiper et évacuer les habitants isolés,résidant près des lisières des forets mais aussi les estivants , nombreux cette année à venir camper. Pour cela il aurait fallu que les services locaux de la protection civile ainsi que la gendarmerie aient été prévenus de départs de feux imminents. C’était le job de la météo qui s’est contentée de signaler une forte canicule mais sans en anticiper les conséquences, pourtant prévisibles avec une chaleur dépassant en certains endroits 48 degrés. Par ailleurs la météo n’a fait aucune mention d’un éventuel vent violent pouvant à tout moment intervenir, augmentant ainsi la fureur des feux. Au cours du plus fort des incendies le vent soufflait à 90 km / heure, c’est cela qui a rendu la tâche impossible aux soldats du feu qui luttaient contre des flammes atteignant 10 mètres de haut et se développant à une vitesse incroyable. Toute habitation se trouvant à proximité de ces feux gigantesques ne pouvait résister à la férocité des flammes. Ceux des habitants qui n’ont pu s’échapper à temps au brasier qui avançait à toute vitesse en face d’eux ont été dévorés par les flammes ou asphyxiés par cette fumée opaque rendant l’air irrespirable. Toutes les bêtes sauvages ou domestiques ont été calcinées. C’est surtout la région d’El Tarf qui a été la plus sévèrement touchée. Le fameux parc national d’El Kala ressemble aujourd’hui à un paysage lunaire. La noirceur a fait place à la verdure chatoyante. Le zoo d’El Kala se trouvant à proximité a été ravagé par les flammes et de nombreuses bêtes qui s’y trouvaient subirent un sort tragique. Ce qui frappe cependant c’est le nombre de victimes humaines, parmi elles des familles entières dont la plupart d’entre elles étaient venues passer leurs vacances au bord du littoral. On compte des enfants parmi les victimes recensées aux environs de Souk-Ahras et d’El Kala. On pensait que ce qui s’était passé l’année dernière en Kabylie ne se reproduirai plus. Manifestement on s’est trompé et on se trompera ainsi chaque été car le bouleversement climatique que connait aujourd’hui la planète n’est pas une fiction mais une réalité qui a pris de l’avance sur les prévisions. Des canicules il y en aura chaque année et celles-ci seront plus intenses provoquant immanquablement des incendies. Le gouvernement qui avait pourtant assuré l’an passé que l’État ferait face désormais à ces incendies ravageurs n’a pas accéléré la planification des moyens en affrétant par exemple un nombre adéquat d’avions spécialisés dans la lutte contre les incendies. Il n’y a eu qu’un seul bombardier d’eau affrété de la Russie. Ce n’est bien sûr pas suffisant du tout et en plus ce bombardier d’eau annoncé à grand renfort de publicité n’a pas tenu le coup. Il s’est retrouvé en panne au moment où on avait le plus besoin de ses services. Pourtant il était prévu l’achat de ces avions ou leur affrètement dès le mois de mai. Cela n’a pas été le cas et aujourd’hui le gouvernement est interpellé sur cette question de moyens pas seulement aériens mais également terrestres car les centaines de camions citernes utilisés par les pompiers ne suffisent plus pour faire face à ces épisodes caniculaires qui auront lieu chaque été. Tout comme le nombre de soldats du feu au nombre de 2500 qui ne pourront plus à l’avenir combattre ces incendies répétitifs qui dureront trois mois chaque année. Il faudrait recruter le double ou même le triple d’effectifs. Cette planification de la lutte contre un fléau qui est en train de se sédentariser est aujourd’hui impérative, tout comme l’est la défense du territoire. Le gouvernement doit aujourd’hui prendre conscience qu’il est confronté à une guerre contre le feu et il doit mettre à la disposition du pays tous les moyens matériels et humains pour livrer bataille chaque été contre les éléments de la nature bouleversée car ceux-ci seront incontrôlables pour ceux qui se contenteront seulement de voir venir.

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici