Macron depuis hier à Alger:
  Une visite exceptionnelle espérée des deux cotés

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Le président de la république française entame dès hier une visite officielle de trois jours. Une visite très médiatisée dont on a déjà parlé et discuté sur la chaîne France 24. La presse nationale n’est, elle aussi, pas en reste puisque on en parle depuis une semaine. Ce sera le grand test entre la France et l’Algérie. Des sujets primordiaux seront abordés.

Il faut souligner que cette visite d’Emmanuel Macron était préparée minutieusement côté français comme côté algérien. Les deux chefs d’États ont maintenu un contact permanent. Ils se sont parlés périodiquement au téléphone. Donc côté discussions on sait ce qu’on va dire et il n’y aura aucune surprise. Bien sur tout le monde a dans l’esprit la question mémorielle. Bien que le secret ce que va dire Macron sur le sujet est jalousement gardé, le président Tebboune doit avoir son idée là-dessus car le président algérien est fixé sur cette question et Macron le sait. Va-t-on partager la poire en deux en tenant compte des susceptibilités existantes au niveau des deux pays ? Peut-être qu’un compromis en sortira concernant cette question délicate dont dépend la bonne suite des relations. Bien sûr il ne faut pas s’attendre à ce que le président français condamne la colonisation française en Algérie. Cela il ne le fera pas et d’ailleurs l’Algérie ne le lui demande pas sachant que cette colonisation est un fait historique auquel il n’y a pas lieu d’y revenir sinon on n’en sortirait pas. Ce que demande les Algériens et à leur tête le président de la république c’est que la France reconnaisse que durant cette colonisation qui a duré 132 années avoir commis des actes condamnables contre le peuple algérien et ce dans tous les domaines allant même jusqu’aux crimes de guerre au cours de guerre d’Algérie. Une telle reconnaissance suffira amplement aux Algériens. Le fait même que la France officielle admette des atteintes inadmissibles aux droits des personnes équivaut à un pardon même si le mot n’est pas prononcé comme tel mais cette reconnaissance implique en elle-même la culpabilité et donc indirectement des remords. Une fois l’écueil de la question mémorielle dégraissé par tous les non-dits existant jusqu’ici les discussions sur l’exemplarité d’un partenariat entre les deux pays sera abordé sereinement et sans aucun à priori. La France attend beaucoup de l’Algérie et notre pays de même. Cette fois l’Élysée a vraiment mis le paquet. Emmanuel Macron a amené avec lui la crème de son exécutif. Des ministres régaliens et pas n’importe lesquels l’accompagnent. Il y a Bruno Lemaire cet incontournable ministre qui occupe la seconde place dans le gouvernement d’Élisabeth Borne, il y a aussi Gérald Darmanin le ministre de l’intérieur qui a, rappelons-le des origines algériennes et enfin il y a madame Colonna la ministre des affaires étrangères. C’est donc le gratin de l’Élysée qui se rend en Algérie sans compter le Medef et une délégation importante de patrons de PME. La France a aujourd’hui un impérieux besoin de gaz. Elle en importe actuellement pour 11% de l’Algérie. Elle voudrait augmenter le pourcentage mais pour que ce soit chose faite il faudrait que l’entreprise ENGIE investisse gros comme sa consœur ENI pour explorer les gisements existants qui n’ont pas encore été exploités et découvrir d’autres car il en existe, toutes les études l’ont prouvé. Par ailleurs les Français doivent également investir dans le domaine de la liquéfaction du GN en s’associant à Sonatrach qui a inclut dans son plan de développement l’extension de ses usines à l’ouest avec une extension à l’est, notamment à Skikda. Des projets que la France ne pourra pas se permettre de refuser car avec la réduction drastique de fourniture de gaz par la Russie le choix de se tourner vers d’autres pays éloignés est coûteux. D’autres projets industriels à réaliser seront mis sur la table et parmi ceux-ci il y a la construction automobile et non plus le montage. On sait que les constructeurs automobiles français ont toutes les peines du monde à écouler leur production. Il y a une baisse d’achat et cette perte se fait déjà ressentir. Or le marché algérien est immense mais l’Algérie est aussi la porte d’entrée du continent africain. En conclusion cette visite du président français intervient à un moment où la France sent le besoin de tisser avec ce pays qui a toujours été un partenaire sérieux un partenariat hors normes.

 

 

 

 

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