Le récent forum sur la société civile:
On a parlé de tout sauf de l’essentiel

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Lors du dernier forum sur la société civile qui a eu lieu la semaine dernière les participants n’ont pas brillé par leurs interventions. C’est pratiquement les mêmes discours entendus depuis des lustres qui se répètent à l’envie alors qu’il était attendu des intervenants des propositions nouvelles pour donner à cette société civile le punch qu’elle n’a jamais eu.

Alors que le président de la république attend de cette société civile le rôle de roue de transmission devant faire fonctionner le moteur social que le président du Conseil de la Nation,Salah Goudjil a rappelé dans son discours d’orientation du Sénat lors de la rentrée parlementaire, ce forum s’est finalement avéré décevant. On a surtout parlé de la forme et ignoré le fond or c’est justement là où il fallait insister et faire des propositions innovantes allant dans le sens des orientations du chef de l’État. À quoi cela sert-il de brosser un tableau des réalisations accomplies par certaines associations caritatives alors que dans le concept de société civile c’est surtout le rapport entre le citoyen et les autorités qui est le cœur du problème. Or un tel rapport n’existe toujours pas car il n’ya pas de coordination entre les associations qui opèrent dans le pays dans divers domaines. Il ya une dispersion de la mission des associations dont beaucoup d’entre elles font la même chose. Le rôle citoyen des associations n’apparait pas et pourtant c’est de cela dont il est question aujourd’hui. Entre le gouvernement et la société il a une absence caractérisée de relais. Les autorités locales (APC et APW) ne peuvent à elles seules résoudre les problèmes des citoyens si ces derniers ne sont pas représentés par leurs représentants élus par les habitants des circonscriptions gérées par ces autorités locales. On ne parle pas ici d’associations caritatives, de sauvegarde de l’environnement, de parents d’élèves ou éventuellement de consommateurs (bien que celles-ci n’existent pas encore), on parle de comités représentatifs des lieux de vie tels que les quartiers, les cités ou dans les zones rurales les fameuses « qarias ». Il y a une vie sociale et économique dans toutes les communes du pays. Or nous savons tous que la base institutionnelle et administrative du pays c’est la commune. Or les élus de ces circonscriptions n’ont aucun interlocuteur représentant les habitants de celles-ci. C’est justement là où il faut intervenir pour que le lien social ait un rôle à jouer dans la décision des élus à travers un contact permanent et la concertation. Or ce qui se passe actuellement dans les communes et la wilaya qui les regroupe ne favorise aucunement le développement économique, social et culturel de ces circonscriptions. Les autorités locales en l’absence d’intermédiaires représentant leurs administrés se contentent de gérer l’acquis, autrement dit le minimum de ce qui est attendu d’elles. Peut-on leur faire le reproche de rester inactifs ? Raisonnablement non car ils ignorent pratiquement tout dans ce qui se passe au niveau de leur territoire. C’est de cela qu’il fallait parler à ce forum de la société civile pour donner à celle-ci cette mission citoyenne d’établir le lien entre la base et le sommet car en l’absence d’un tel lien c’est toute la structuration démocratique du pays qui est remise en cause et en l’absence d’une telle structuration il ne peut y avoir de démocratie.

 

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