Prochain sommet arabe d’Alger:
Il sera celui de la dernière chance

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Abou Gheit, le président de la ligue arabe se veut optimiste quant à la tenue du prochain sommet arabe qui se tiendra en octobre à Alger. Selon lui les pays arabes doivent se montrer solidaires et former un bloc régional uni. Le président en titre de cet organisme est conscient toutefois qu’il puisse exister des différences d’appréciation mais, pour lui, celles-ci doivent être surmontées.

Alger et le président de la république se préparent donc à recevoir ce qu’on peut qualifier de sommet de la dernière chance. Les précédents sommets n’avaient pas été prometteurs et les divisions qui régnaient au sein de la famille arabe avaient donné l’impression d’être insurmontables. Certes il y a eu beaucoup de changements intervenus depuis la tenue du dernier sommet arabe qui s’était tenu au Caire. Ces changements ont bouleversé l’idée que l’on faisait d’une certaine union sacrée de la nation arabe. L’un d’entre eux et non des moindres concerne la reconnaissance de l’État d’Israël par les Émirats arabes unis,Bahreïn, le Soudan et le dernier en date le Maroc qui s’ajoutent à celle plus ancienne des pays comme l’Égypte et la Jordanie. Parler d’une seule et même voix de la Palestine lors de ce sommet ne sera pas aisé car le fait même de reconnaître l’État hébreu par une partie du monde arabe suppose une reconnaissance implicite de sa géographie actuelle, autrement dit rendant pratiquement impossible l’existence d’un État palestinien viable avec des frontières visibles. En effet la question du retour aux frontières d’avant 1967 n’est même plus posée par tous ces pays qui ont aujourd’hui des relations diplomatiques avec l’État hébreu. Des pays comme l’Algérie et la Tunisie y croient mais on voit qu’ils sont minoritaires et lorsque cette question sera posée au sommet d’Alger il n’est pas sûr du tout qu’il y aura un consensus. Est-ce pour autant que cela veut dire qu’il faut brader la Palestine. Personne n’y songe car des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, l’Irak, la Syrie et le Liban s’y opposeront énergiquement. En fait la question palestinienne occupera l’essentiel des débats au cours de ce sommet d’Alger. La présence du président palestinien à ce sommet est qualifiée de déterminante par l’Algérie car c’est de son pays dont il est question. On sait que Mahmoud Abbas traverse depuis quelque temps une crise d’autorité dans les territoires palestiniens. Le parti dominant « El Fath » est aujourd’hui fortement contesté par une partie de la population palestinienne qui estime que le président de l’Autorité se montre faible face à l’occupant israélien dont la présence militaire est omniprésente dans les territoires palestiniens. La moitié de la population palestinienne lorgne de plus en plus vers Ghaza dont le pouvoir est partagé entre le Hamas et le Djihad islamique or Mahmoud Abbas qui hérite de la pensée de Yasser Arafat ne veut pas associer ces deux mouvements, idée qu’il partage en commun avec des pays comme l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite et les émirats arabes unis. Même la Syrie considère ces deux mouvements comme sulfureux. Si les pays arabes, à leur tête l’Algérie confirment sans ambiguïté que l’autorité légitime qui représente tous les palestiniens est celle de Mahmoud Abbas un grand pas sera franchi mais il reste l’essentiel celui du futur statut de la Palestine. Comment ce territoire morcelé par une présence massive et qui n’a pas l’air de s’arrêter de colons israéliens qui est devenu semblable à un morceau de fromage Gruyère pourra-t-il dessiner géographiquement un État souverain indépendant ayant une frontière visible ? C’est cette question épineuse qui sera vraisemblablement posée à tous les États arabes réunis à ce sommet d’Alger. Ceux-ci doivent s’entendre de façon unanime pour dire avec force et conviction que les colons israéliens établis dans les territoires palestiniens reconnus par Israël comme tels par les accords d’Oslo doivent partir comme cela avait été fait pour l’enclave de Ghaza où il n’existe aucun colon dans cette portion territoriale palestinienne. Si un tel consensus est établi et co-signé par tous les États arabes une discussion sérieuse sera alors entamée avec l’État hébreu mais cette fois-ci les israéliens s’entretiendront non plus avec les seuls palestiniens mais avec l’ensemble du monde arabe. Ils seront obligés de s’incliner car cette fois-ci leur illusion entretenue savamment depuis des années d’un monde arabe divisé qui est incapable de s’entendre et parler d’une même voix disparaîtra et ils comprendront enfin que s’ils veulent vivre en paix et en bonne intelligence avec les pays arabes il n’a pas d’autre solution que celle de deux États. Le tout est de savoir et c’est la question à un million de dollars si les États arabes réunis à ce sommet d’Alger accepteront pour la première fois de parler d’une seule voix. S’ils y arrivent on parlera alors du sommet d’Alger d’octobre 2022 qui  a  aura mis à un conflit qui dure depuis 74 ans.

 

 

 

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