Lutte contre la spéculation:
Priorité absolue du gouvernement

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Lors du conseil des ministres de dimanche dernier le président de la république n’a pas mâché ses mots contre tout ce qui a trait à la spéculation dans le pays. Il a instruit les ministres de l’intérieur et de la justice pour coordonner leurs efforts afin de lutter efficacement contre ce fléau qui gangrène l’Algérie depuis des décennies.

Pour le président il est devenu impérieux de mettre fin aux comportements qui font saigner les citoyens dont le pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader à cause de cette montée des prix spectaculaire de la quasi-totalité des produits de consommation courante dont ceux qui sont subventionnés par l’État. Ces derniers produits affichent aujourd’hui des prix qui défient l’entendement. Un chantage pernicieux est fait aux consommateurs. On leur dit que ces produits à l’instar de l’huile de table ou le lait ne sont pas suffisants d’où leur rareté. En fait tout cela n’est que mensonge éhonté car ces produits se vendent tout simplement sous le manteau et à prix fort. Ce qui est en train de se passer réellement c’est que ces produits passent nos frontières pour être vendus en monnaie du pays qui en achète. La porosité de nos frontières est et sud-est permet à la contrebande d’agir sans être inquiétée. Il n’y a qu’à voir le nombre de migrants subsahariens qui entrent dans notre pays et envahissent toutes nos villes pour s’apercevoir que ces frontières sont perméables à souhait. C’est là où passe la contrebande et par tous les moyens, à dos de chameau, en Toyota ou en fourgonnettes. Il y a aussi du bakchich qui sert de visa de sortie ou d’entrée dans le pays. En fait il s’agit d’un réseau transfrontalier très bien organisé qui jouit de complicités à l’intérieur du territoire national. Ceux qui sont derrière sont ce qu’on désigne sous le terme de « barons ». Ils agissent comme les chefs des cartels mexicains ou colombiens pour le passage de la cocaïne, sauf qu’en ce qui concerne l’Algérie ce n’est pas la poudre blanche mais l’huile de table, la semoule de blé, la farine, la poudre de lait et même des médicaments. Autant de produits qui subissent depuis un certain temps une rareté qui incite à la spéculation. Ce qu’il faut comprendre c’est que cette spéculation est la conséquence directe de la contrebande. Il ne suffit donc pas de traquer les spéculateurs parmi les grossistes ou les commerçants détaillants mais il faut aller à la source et frapper fort. C’est comme cela que l’État pourra mettre fin définitivement à cette valse des prix qui est en train d’appauvrir des pans entiers de la population du pays. En fait il ne faut pas agir en surface mais en profondeur. Pour y arriver il faut y mettre les moyens humains et juridiques. Concernant le coté juridique la dernière recommandation de considérer désormais tout spéculateur comme un terroriste est une avancée importante.Les auteurs de ce genre de trafic seront sanctionnés comme des ennemis du pays et leurs peines seront extrêmement lourdes. Mais cela ne suffit pas pour autant et comme l’a déclaré à la radio nationale Hassan Menouar, président de l’association de protection des consommateurs il faut réguler le marché de la consommation en mettant fin radicalement à l’existence de tout commerce informel. Ce ne sera pas une tâche aisée mais c’est faisable à condition que l’État ne lâche pas prise car toute pause ou interruption dans la lutte contre le commerce informel permettra à celui-ci de se régénérer en un temps record. Il faut aussi agir en amont et ne pas se contenter seulement de l’aval car c’est l’amont qui nourrit l’informel. Ce dernier a une capacité de résilience hors du commun. L’impératif étant de ne plus lui permettre de se refaire une santé. Frapper haut et fort en déclarant une guerre globale contre ce fléau jusqu’à sa capitulation est une stratégie militaire qui a toujours donné ses résultats. C’est cette politique qu’il faudra mettre en place.

 

 

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