La société civile en débat:
Ou comment dynamiser la vie associative

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Le forum sur la société civile qui a débuté mardi dernier se poursuit. On débat, on propose pour arriver à un résultat qui doit trancher de manière définitive sur le rôle et missions de la société civile, dont le chef de l’État veut qu’elle s’engage profondément dans la vie économique et sociale, chose qu’elle n’a toujours pas réussi à faire.

Cela fait des années que la société civile est l’objet de débats. Le nombre de forums, de conférences sur son existence ne se compte plus. Le problème c’est qu’il y a toujours un retour à la case départ. Tout ce qui se dit dans les rencontres n’est jamais entré en application et c’est là où se situe le problème, celui de savoir pourquoi ces 700 associations composant le socle de la société civile restent bloquées. Est-ce un problème d’argent pour les faire fonctionner ? Certainement pas car l’État a toujours été présent dans ce domaine. Il se trouve cependant que le budget alloué par les autorités publiques aux associations de divers ordres est rarement dépensé pour le simple fait que les demandes exprimées par ces associations ne correspondent pas aux objectifs de l’État. La puissance publique depuis l’investiture à la tête de l’État d’Abdelmadjid Tebboune n’autorise tout financement d’une ou de plusieurs associations que si les projets dont elles sont porteuses corresponde à une sortie de crise dans tel ou tel secteur ayant lien avec le bien-être des citoyens sont porteurs et réalisables. Si ce n’est pas le cas les consignes du président sont fermes : Il n’est pas question de verser un sou vaillant à une association qui se servira de cet argent pour autre chose qui ne figure pas ou qui n’a aucun lien avec l’objectif assigné par l’État. Le chef de l’État qui connait parfaitement comment fonctionne le système des subventions sait que dans le passé une myriade d’associations dite de la société civile se sont servies de masses d’argent considérables destinées à l’amélioration de la vie des citoyens pour d’autres buts dont beaucoup d’entre eux ont plutôt garni les portefeuilles des dirigeants et des membres qui étaient à la tête de ces associations. Pour le président Tebboune le principe qui existait auparavant qui consistait à dire on efface l’ardoise et on recommence est totalement exclu et même sévèrement sanctionné pour tous ceux qui s’adonnent à ce genre de malversations. Cependant il n’y a pas seulement la remise en ordre du financement de ces associations dont il est question et qui, au demeurant, dominera l’essentiel des discussions qui ont lieu en ce moment au forum il y a aussi un problème de ressources humaines et de compétence. Diriger une association c’est faire preuve de sacrifice et d’abnégation. Ceux qui ont été élus ou choisis pour diriger celle-ci ne doivent pas l’être uniquement parce qu’ils sont considérés comme honorables et jouissant d’un statut social sans reproche ou parce qu’ils se targuent d’être bradés de diplômes comme c’est souvent le cas dans le choix des dirigeants de ces associations. C’est aussi le cas des membres faisant partie du conseil d’administration, qui ne viennent que pour assister aux réunions programmées et qui repartent aussitôt une fois la réunion terminée. En fait le problème de la défaillance de fonctionnement des associations c’est le volontariat qui fait malheureusement défaut. En choisissant des personnes, certes sans reproches, mais ayant un certain âge pour ne pas dire un âge certain il ne faut pas s’attendre à un sacrifice sans faille de leur part. En fait ceux qui dirigent aujourd’hui la plupart des associations agissent comme des bureaucrates accomplis. Rares sont ceux qui mouillent leurs chemises dans le combat quotidien consistant à faire le don de soi au service d’une cause sociale qui assurerait la défense des droits du citoyen ou simplement son bien être quotidien. Il est étrange que l’on trouve rarement des jeunes issus du terrain qui luttent constamment contre les inégalités sociales ou les entraves bureaucratiques qui empoisonnent la vie du commun des Algériens. Pourtant ces jeunes des villes et des campagnes envoient des rapports quotidiens aux dirigeants des associations mais ces rapports restent souvent lettre morte et finissent dans les fonds de tiroirs. En fait ces jeunes sont perçus par les honorables dirigeants d’associations comme des perturbateurs qui risquent de nuire à la stabilité sociale. Or c’est tout le contraire qui se produira en l’absence de réponses concrètes et efficientes de ces associations. En réalité il faut repenser de fond en comble le fonctionnement de ces associations si on veut donner le sens qu’il faut à la société civile.

 

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