Transport urbain:
Annaba totalement paralysée par une grève

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Du jamais vu, du moins pas avec une telle ampleur. Tous les bus appartenant au secteur privé ont déclenché une grève surprise au cours de toute la journée de dimanche plongeant ainsi les usagers du transport urbain dans un désarroi total. La grève a été suivie à 100% et on parle même d’une reconduction de celle –ci si les doléances du syndicat des transporteurs ne sont pas acceptées.

De quoi s’agit-il ?

Selon les transporteurs privés questionnés sur l’objet de cette grève, la direction des transports de la wilaya leur aurait notifié qu’ils devaient partager la station centrale dite de la RMACA avec l’ETA cette entreprise publique qui n’effectue jusqu’ici des trajets vers les cités éloignées de la ville comme Hai errym ou l’ETCA. Les trajets allant du centre (El Hattab) vers la périphérie immédiate de la ville ayant toujours été réservés aux transporteurs privés. Pour ces derniers, remettre en question un tel acquis c’est introduire une concurrence jugée déloyale envers eux car les bus bleus de l’ETA pratiquent des prix compétitifs (15 dinars au lieu de 20) et le fait de partager avec cette entreprise une station aussi névralgique représente une mesure coercitive qui n’a pas lieu d’être. Certes il n’a jamais été spécifié, noir sur blanc, que cette station communale la RMACA aurait l’exclusivité du secteur privé. Donc du point de vue légal rien n’interdit aux autorités publiques de faire une entorse à une règle non écrite mais qui s’est pratiquement institutionnalisée. En tout cas le syndicat des transports privés est déterminé à maintenir sa position, celle d’empêcher tout bus de l’ETA d’entrer dans cette station centrale de la ville. Comment procéderont–ils leur a-t-on dit ? Leur réponse est la suivante : « Nous maintiendrons notre ordre de grève même si on perd de l’argent ». Pour eux ce sont surtout les employés de ces transports qui en feront les frais. La question est de savoir si un vote concernant la reconduction de cette grève d’une journée serait voté unanimement pour le maintien de la grève ou il y aura des failles dans la cuirasse ? Cela s’est déjà vu dans le passé où les transporteurs privés impatients de remplir leurs caisses ont la plupart interrompu le mot d’ordre d’une grève. Sans doute que l’autorité publique connaissant l’état d’esprit de ces transporteurs dont la solidarité de corps n’existe pas les attend au tournant et appliquera ce qu’elle a décidé, autrement dit les bus bleus de l’ETA feront leur apparition dans la station de la RMACA. Ce bras de fer syndicat –direction des transports tiendra-t-il ? Ou bien la tension retombera au plus bas et démontrera que l’organisation syndicale des transporteurs privés n’a pas les reins solides. Une chose est sure les grands perdants dans cette affaire sont les usagers. Hier ils attendaient pendant de longues minutes des bus pour les emmener là où ils voulaient aller mais rien ! Ils ne savaient même pas ce qui se passait. Le centre-ville au cours de la journée d’hier était quasiment déserté par ces milliers de gens qui venaient des cités périphériques faire leurs emplettes. Cela a également pénalisé les commerçants. Pour la première fois le marché d’El Hattab qui grouillait habituellement de monde avait de l’espace à revendre.

 

 

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