Le 19 décembre 2019 une date qui ne laisse personne indifférent en Algérie. En effet un nouveau président de la république venait d’être élu. Il avait en face de lui quatre candidats qui ont tous été battus dès le premier tour. Ce prétendant n’est autre qu’Abdelmadjid Tebboune, cet ancien premier ministre qui avait été écarté au bout de trois mois d’exercice car sa manière de procéder ne convenait pas à une équipe au pouvoir qui s’abritait derrière Abdelaziz Bouteflika.
Entre temps un mouvement populaire d’une ampleur inégalée connu sous le qualificatif « Hirak » avait envahi les rues de toutes les villes d’Algérie, grandes, moyennes ou petites. Il réclamait le départ d’un président au pouvoir depuis vingt ans et qui voulait le rallonger de cinq ans supplémentaires. Cela le peuple ne pouvait le tolérer car ce président n’exerçait, en fait, aucune autorité car il était amoindri physiquement et mentalement. Une fois la démission de ce chef d’État officialisée il y a eu une période de transition, laquelle n’avait pas la confiance du peuple. La rue se méfiait de ces personnes qui dirigeaient l’État au cours de cette période. Le peuple disait non à chaque tentative de ce triumvirat qui tentait de remodeler un système politique qui avait montré ses limites. L’intervention du chef de l’armée de l’époque avait épargné au pays une dérive dont on ne connaissait pas les conséquences. Pour le nouvel homme fort du pays qui n’avait aucune prétention de prendre le pouvoir la seule solution consistait à un retour à l’ordre mais pas n’importe lequel car cet ordre devait passer par une nouvelle élection présidentielle et un retour aux institutions de l’État. L’homme qui a été élu pour mettre fin au système politique défaillant avait promis, lors de sa campagne électorale, d’établir un État de droit basé sur les valeurs démocratiques et la séparation des pouvoirs, choses qui n’ont jamais existé depuis l’accession du pays à l’indépendance. De plus et c’est important de le souligner ce nouveau président n’avait aucune attache avec les partis politiques présents, dont certains avaient présenté leurs propres candidats à cette élection. Tebboune car c’est de lui qu’il s’agit a toujours déclaré qu’il était au-dessus des partis et des clans. Lors de son discours d’investiture il déclara qu’il voulait jeter les bases d’une Algérie nouvelle qui se débarrasserait de toutes ces luttes d’influence connues durant des décennies qu’elles soient politiques ou économiques. Ses débuts d’exercice du pouvoir ont consisté à libérer la justice de ses entraves en lui permettant d’exercer toutes les prérogatives légales pour mettre fin à ce pouvoir de l’ombre qui gravitait autour de l’ex président de la république en dépouillant les richesses du pays pour son seul profit. Il y eut alors une série d’arrestations accompagnées de procès qui mirent fin aux tenants de ce pouvoir de l’ombre et de tous ceux, se cachant sur le système politique en place, aidaient ce même pouvoir en lui facilitant son emprise sur l’économie du pays. Parallèlement le nouveau président a mis en place un nouveau cadre constitutionnel lequel consacrait la séparation des pouvoirs, bien que les mentalités existantes n’étant pas encore prêtes, cette équation le nouveau chef de l’état la connait parfaitement. Il sait que cela prendra du temps pour que l’État démocratique fonctionne avec l’efficacité voulue. Néanmoins le président de la république, acquis aux valeurs démocratiques universelles, a la certitude que les générations futures rompues à un nouvel exercice du pouvoir arriveront à construire cette nouvelle Algérie, celle de l’égalité des chances, des libertés, de la promotion de la femme et du pluralisme politique basé sur des valeurs démocratiques qui empêcheront définitivement tout retour en arrière.
