S’il y a bien une chose qui préoccupe actuellement le citoyen c’est bien l’érosion persistante de son pouvoir d’achat. Bien que le gouvernement, sur instruction ferme du président de la république ait décidé d’une augmentation non négligeable des salaires de la fonction publique et des pensions de retraite. Nous assistons toujours à une envolée des prix à la consommation. Pire ! il y a même une poussée intolérable.
À l’approche du Ramadan qui n’est pas loin les produits vivriers de moindre importance comme la pomme de terre et l’oignon ont tout d’un coup augmenté, présageant ainsi ce qu’ils seront au cours du mois de jeune. Le porte-monnaie de la ménagère sera dévalisé. Que dire alors des autres produits comme la tomate et tous ces légumes frais indispensables pour améliorer les plats de ce mois où les gens font des économies pour pouvoir passer un Ramadan sans restriction. Ne parlons pas des viandes, (mouton, bœuf et poulet) lesquels atteignent des prix qui donnent le vertige. En ce moment les ménages qui arrivent avec difficulté à boucler les fins de mois se rabattent volontiers sur les carcasses de poulet pour agrémenter leurs plats quotidiens. A 13 heures on ne trouve plus aucune carasse dans les étals des volaillers. C’est la preuve concluante qu’elles ont été raflées tôt dans la matinée. Ce sera sans doute le cas au cours du Ramadan car aux prix affichés du poulet et de la viande rouge les bourses moyennes mettront une croix dessus. Quant au poison à commencer par la sardine leur accès est devenu un rêve. Alors que mettront ces millions de personnes dont les revenus atteignent dans le meilleur des cas six mille dinars mensuels dans leurs cuissons ? Cette incontournable pomme de terre qui vient, elle aussi précipitamment augmenter de 15 dinars le kilo, alors que la semaine dernière elle était vendue à 55 et 60 dinars. Et nous sommes à une vingtaine de jours du début du jeune. Qu’en sera-t-il le jour un ? Tout ceci n’est que le nécessaire absolu qui convient peut-être onze mois de l’année, certainement pas au cours du Ramadan. Pendant ce mois exceptionnel par la dépense qu’il introduit les Algériens aiment à manger des fruits or ceux–ci donnent l’impression qu’ils sont des produits d’importation mais ce n‘est pas du tout le cas car il s’agit bien de produits locaux. Alors comment on est arrivés là ? En réalité tout le monde s’en met plein les poches, l’agriculteur, le distributeur et le détaillant. Le plus à plaindre est celui qui achète. Chacun des concernés trouve un argument à présenter lorsqu’on lui pose la question. C’est pour les agriculteurs le prix des engrais qui ont augmenté et la facture de l’eau pour l’arrosage de nuit et de jour dans les serres, de plus en plus nombreuses sur les terres agricoles. Pour les distributeurs c’est le prix du transport qui a été multiplié par deux à cause du prix du gaz oïl et pour le détaillant qui arrive à bout de chaine c’est la marge bénéficiaire à laquelle il faut indexer le prix des loyers, l’électricité et l’emballage plastique offert aux clients. Des arguments que l’État n’arrive pas à démentir bien qu’il sache que de tes arguments ne reflètent pas la réalité. Et si on continue de faire un tour d’horizon complet en poursuivant le chemin tortueux de la spirale des prix de tous les produits de consommation courante on n’est pas au bout de nos peines car les épiceries et superettes sont également concernées. Tous les produits qu’elles vendent ont augmenté de 50% en l’espace d’une année. Quel argent restera dans le porte-monnaie du consommateur en fin de journée ? Zéro centime ! Alors ces dernières augmentations ne signifieront rien à part l’illusion mais celle-ci ne nourrit pas son bonhomme.
