Mme Bonnie D. Jenkins, sous-secrétaire d’État des États–Unis, en charge du contrôle des armements est depuis hier à Alger, jusqu’au 7 mars. Elle rencontrera des responsables du ministère de la défense et animera des discussions avec des diplomates de la région nord-africaine et subsaharienne concernant les problèmes de sécurité.
Cette visite est liée au contexte actuel marqué par la guerre en Ukraine et ce qui se passe actuellement dans le Sahel. La fonctionnaire américaine est donc venue prendre la température auprès d’un pays aussi important qu’est l’Algérie. Les américains savent que notre pays continue d’entretenir de très bons rapports avec deux pays qui ne sont pas en odeur de sainteté à Washington, à savoir la Russie et la Chine. Elle vient donc de tâter le terrain pour avoir une idée sur l’état de ces rapports. Il est évident que les responsables algériens, connaissant la géopolitique actuelle rassureront cette fonctionnaire, laquelle n’ignore pas que l’armement que possède l’Algérie est très majoritairement russe mais aussi chinois. La part en armement des occidentaux, essentiellement européens est infime. La S/secrétaire d’État est–elle venue à Alger pour faire des propositions de vente d‘armes que ne possède pas l’Algérie, dans le but d’attirer notre pays dans le giron occidental, faisant ainsi éloigner les influences russes et chinoises, bien présentes sur le continent africain. La position algérienne est pourtant bien connue concernant le refus de toute ingérence dans sa politique étrangère, tout comme elle a exclu, depuis son accession à l’indépendance d’entrer en conflit avec ses voisins même si l’un d’entre eux n’a pas hésité de provoquer son vis-à-vis algérien en se procurant un armement exclusivement occidental. Que l’armée algérienne soit en passe de devenir dans quelques années la première armée du continent africain grâce aux équipements militaires qu’elle possède et qui sont sans cesse renouvelés pour être au top de l’efficacité les américains le savent mais veulent être surs que cet armement d’origine russe et chinoise ne serve pas. Autrement dit Washington accepte même du bout des lèvres l’arsenal défensif impressionnant de l’Algérie mais refuse que celui-ci ne devienne offensif. En discutant avec les militaires algériens Mme Bonnie Jenkins aura toutes les explications nécessaires sur le sujet et elle comprendra que l’Algérie n’entrera en conflit que si ses frontières sont menacées. Ce message elle le communiquera à sa hiérarchie lorsqu’elle rentrera à Washington. En ce qui concerne la sécurité régionale qui inclut notamment le Sahel la secrétaire d’État américaine recevra toutes les assurances nécessaires concernant la stabilité des pays qui ont une frontière commune avec notre pays. Alger ne permettra jamais que des pays comme le Mali et le Niger basculent dans le giron des groupes terroristes sanctuarisant ainsi ces pays comme bases militaires pour continuer leur œuvre destructrice en profondeur dans le continent africain. Cet argument sera apprécié par les Américains dont les services du renseignement collaborent activement et depuis des années avec les services de renseignement algériens, empêchant ainsi les groupes terroristes d’Aqmi et de l’État Islamique d’occuper des territoires sahéliens. Le tout est de savoir si les Américains se satisfassent de la position algérienne ou s’ils continueront à se méfier, comme ils l’ont toujours fait de notre pays.
