Des promesses il y en a eu en ce qui concerne la disponibilité des produits alimentaires à large consommation. Elles ont été tenues et personne ne s’en plaint surtout pour l’huile de table et le lait à base de poudre, moins pour la semoule qui figure, certes dans certaines superettes mais se fait quand même rare. Par contre pour ce qui est des prix surtout ceux des légumes, des fruits et des viandes rien n’a bougé, Pire ! C’est même plus brulant qu’avant le mois de jeune.
Or ce qui distingue le Ramadan des autres mois de l’année c’est justement la consommation de viandes, blanche et rouge et les fruits. Les jeuneurs éprouvent durant la journée, une envie indescriptible d’en manger dès la rupture du jeune, sauf que leur porte-monnaie ne le leur permet pas. On a fait le calcul d’une dépense journalière au cours du Ramadan. Pour une famille de six personnes, il faut acheter au moins deux kilos de patates à raison du prix le moins couteux, autrement dit 60 dinars le kilo, cela fait 120 dinars, il faut acheter les feuilles de Brik à 10 dinars pièce. Il faut en acheter au moins une dizaine et cela fait 100 dinars. On passe ensuite aux œufs autrement dit le strict nécessaire, soit six à 20 Dinars l’œuf et cela donne 120 dinars mais il faut un complément pour donner plus de consistance et quelque saveur à la fameuse brik. Les plus raisonnables opteront pour du fromage blanc avec une tranche d’au moins 150 Dinars, car accompagner cette bouraka avec des crevettes comme on le faisait auparavant il vaut mieux ne pas y penser pour un revenu dépassant la moyenne octroyée pour un couple qui travaille ou pour un seul salaire. Faisons à présent le compte et il ne s’agit uniquement de la bouraka. Le total donne 490 DA pour un jour et si on multiplie cette somme pour 29 jours cela donne 1321 DA. Le reste qui va suivre peut provoquer un AVC ; Heureusement que les gens ne pensent pas quand ils font les courses du Ramadhan car ils agissent par instinct et selon ce qu’ils ont dans le porte-monnaie. Ce reste est tout simplement époustouflant. Il faut accompagner la bouraka par le fameux jari ou chorba, c’est selon. Il faut de la viande mais au prix où le prix de celle–ci s’affiche : 2600 pour le bœuf et 1700 pour le mouton, on se contenter de 100 à 150 grammes, autrement dit un très petit bout, question de donner le gout à ce jari. Il faudra payer cet atome de viande entre 260 et 390 DA. On pourra bien sûr se rabattre sur le poulet mais au prix du kilo (450 DA) on fera le choix d’une cuisse ou de deux ou trois ailes : Prix variant selon le choix fait : Entre 120 et 180 Dinars. Il ne faut surtout pas oublier le « frik » (400 dinars le kilo et une dose journalière de 100 Dinars ; Total jari : Un cout approximatif de 450 DA. Allons ne rechignons pas continuons de garnir cette maïda de Ramadhan en voulant améliorer celle–ci d’un deuxième plat. Point de patates car elle a son lot dans la bouraka. Alors quoi ? Une dolma à la viande hachée de poulet car il ne vaut mieux renoncer à acheter du bœuf à moins d’être riche comme Crésus. ; On peut effectivement y songer pour une quantité ne dépassant pas le prix de 400 dinars. Le second plat choisi il faut songer à la salade et son accompagnement : tomates et olives. Il faut compter au bas mot 130 dinars. Faisons à présent le total. Nous avons dit qu’il fallait débourser quelques 490 dinars / jour pour le bourek. Pour le jari il faut entre 410 et 550 dinars / Jour. Pour 29 jours cela fera entre 11890 et 15 950 dinars. Ce n’est pas fini, loin de là ! Il faut des fruits. Au prix où ceux–ci sont affichés on n’a guère le choix que d’acheter des oranges au plus bas prix, c’est-à-dire celles qui ne dépassent pas les 150 dinars le kilo et ne cherchez surtout pas la qualité car l’acidité est au rendez–vous à moins de choisir la Thomson dont le prix frôle les 300 dinars le kilo et si on achète un kilo d’orange chaque jour on paiera pour les 29 jours : 4350 DA. On sort du marché et on se dirige vers l’épicier du quartier pour acheter deux sachets de lait poudre à condition de se lever aux aurores pour les avoir. Ces sachets sont destinés à confectionner le fameux « m’halbi » ou les flans dont les prix sont passés du simple au double. Enfin si on a une envie irrésistible on va acheter un demi-kilo de Zlabia dont le prix a triplé en l’espace d’une année. Si nous récapitulons pour ce que coute le Ramadan cette année pour les revenus moyens on arrivera à une somme globale variant entre 20000 et 25000 dinars. S’il faut ajouter les produits ménagers indispensables au quotidien et les dépenses de surplus car il y en a et on s’en aperçoit rarement, comme l’achat du café (au moins tous les deux jours) du thé, du sucre, de l’huile de table, de la semoule ou de la farine à une fréquence d’au moins 48 heures. On obtiendra un total de 60 000 Dinars au cours de ces 29 jours du Ramadan 2023 et uniquement pour la bouffe et quelque hygiène maison. Il faut aussi du « masrouf » cet imprévisible expédient dont on ne peut s’en défaire et qu’il faut donner à son conjoint si celui-ci ne travaille pas mais aussi aux enfants qui sont scolarisés et ceux qui ont atteint l’âge d’adolescent. Sans compter celui du père de famille si celui-ci a une adduction à la cigarette ou au tabac à priser. Nous n’avons cité que les revenus moyens, c’est-à-dire ceux qui ont tous les mois entre 60 000 et 70 000 dinars. Pour les autres, autrement dit plus d’un tiers de la population, que Dieu leur vienne en aide !
