Espagne–Algérie : Pedro Sanchez interpellé par les entreprises de son pays

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Une vingtaine d’entreprises espagnoles partenaires des entreprises algériennes ont pris la décision de poursuivre en justice le chef du gouvernement, Pedro Sanchez. Ils exigent de lui une compensation financière de l’ordre de 800 millions d’euros reflétant les pertes subies par elles depuis la rupture des relations diplomatiques décidée par l’Algérie.

Ces entreprises exportaient des biens d’équipement et des produits de consommation. Un marché juteux qui allait en augmentant jusqu’à ce que l’actuel chef du gouvernement fasse un revirement pour le moins inattendu qui surprit les autorités algériennes quant à son contenu. En effet le président Tebboune en prenant connaissance de la nouvelle position exprimée par Pedro Sanchez concernant le Sahara occidental ne pouvait pas laisser passer une telle inconduite. C’était comme si le chef du gouvernement de ce pays considéré jusqu’ici comme ami et loyal avait jeté son gant aux pieds du président algérien signifiant une provocation. En quelque sorte il le provoquait en duel. Un duel certes sans épée ou pistolet mais diplomatique dont l’issue était incertaine, du moins pour Pedro Sanchez qui pensait que le l’Algérien réfléchirait à deux fois avant de réagir. Il se trompa lourdement car quarante-huit heures après le président algérien décida de rompre tout lien diplomatique avec l’Espagne en rendant responsable le chef de gouvernement de ce pays. La suite, on la connait c’est une succession d’enchainements dont firent les frais les partenaires économiques et commerciaux de l’Algérie. Cela commença avec l’industrie de la céramique dont les exportations vers l’Algérie lui permettaient de rester compétitive en réalisant un chiffre d’affaires appréciable et surtout constant. Du jour au lendemain les exportations de ce produit chutèrent pour plus de 60%, un vrai coup dur pour ces PME espagnoles qui durent mettre au chômage technique des centaines de leurs employés certains d’entre eux ont été licenciés pour des raisons économiques. Cela ne s’arrêta pas là car des projets touristiques en partenariat avec des promoteurs privés algériens qui devaient être lancés dans ouest de l’Algérie furent soudainement gelés. Par ailleurs des PME de l’agro–alimentaires espagnoles qui exportaient pour plus de 80% de leurs produits de consommation en Algérie virent la demande algérienne concernant ces produits diminuer de moitié. Enfin la compagnie maritime espagnole qui effectuait des navettes régulières entre Alicante et Mostaganem constata avec grand regret qu’en raison de la rupture des relations diplomatiques l’octroi des visas était devenu un parcours du combattant et de ce fait entraina une diminution drastique de la fréquentation des ferrys espagnols. Aujourd’hui l’Espagne enregistre un important déficit commercial avec l’Algérie ; c’est tout le contraire de l’Algérie qui affiche un excédent sans pareil grâce notamment aux exportations du gaz naturel algérien vers ce pays qui continuent et dont on envisage même une augmentation au cours des prochaines années. Devant une telle situation extrêmement défavorable côté espagnol 20 entreprises de ce pays, les plus touchées par l’importance des pertes enregistrées par elles ont décidé de demander des compensations financières du gouvernement qu’ils estiment responsable de telles pertes. Ils exigent de ce gouvernement qu’ils leur versent 800 millions d’euros et ils ne veulent pas en rester là car ils comptent entendre Pedro Sanchez s’expliquer devant une commission parlementaire sur la ou les raisons qui l’ont motivé à revenir sur une décision unanimement approuvée par le parlement et même la commission de l’UE concernant le Sahara occidental car aucun pays de l’UE ne reconnait une pseudo marocanité du territoire sahraoui. On peut dire que la décision du chef du gouvernement espagnol fait débat au sein même des instances européennes, lesquelles après avoir entendu l’avis de l’Algérie après la visite du chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, essaient à présent de trouver un compromis pour ramener les deux pays en discorde à conclure un accord permettant la reprise des relations normales avec l’Algérie. Pedro Sanchez, on le sent, est en train de se mordre les doigts. Il lui faudra renoncer à son amitié quelque peu insolite avec le roi du Maroc sous peine d’être fâché avec une grande partie des opérateurs économiques de son pays qui lui feront payer cher un revirement qui ne lui a rien apporté de positif de la part d’un pays qui est en train de s’effondrer alors que son voisin est en passe de devenir une puissance économique continentale.

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