Désormais les choses sont claires, il n’y aura aucune place pour l’improvisation pour tout ce qui concerne la vision algérienne pour le pays et celle, au reste étroitement liée du monde. L’Algérie a choisi son camp, celui du juste milieu. En interne elle en appelle à l’initiative individuelle tout en protégeant la cohésion sociale. En externe elle s’en tient à ses principes immuables qui refusent toute ingérence dans la politique du pays et hors de ses frontières.
Sur le plan politique la constitution amendée proclame l’Etat de droit avec la séparation distincte des pouvoirs, la reconnaissance du pluralisme politique ainsi que le respect des libertés fondamentales. L’Algérie est donc dans les textes une démocratie. Dans les faits elle est dans une situation d’apprentissage de l’exercice démocratique. C’est loin d’être facile car le pays a un héritage ambigu où la clarté était absente et les amalgames omniprésents, laissant ainsi la place à l’improvisation et à des retournements de situations qui rendaient opaque l’exercice de la démocratie, pourtant clairement institué dans les constitutions qui prirent le relais de la loi fondamentale de 1989. Il y avait toujours cette volonté du pouvoir politique de détourner l’exercice démocratique à son usage exclusif en usant souvent de stratagèmes pour embrouiller la pratique démocratique. Bien que la séparation des pouvoirs soit inscrite, noir sur blanc dans les constitutions précédentes le sommet de l’Etat faisait en sorte qu’une telle séparation ne soit pas effective ni au parlement ni dans l’appareil judiciaire. Les ingérences de l’exécutif n’avaient guère bougé d’un iota. Au niveau du parlement où sont représentés les représentants du peuple les anciennes habitudes restaient tenaces. En fait le sommet de l’Etat avait tout fait pour que cette ténacité reste intacte et qu’elle ne change pas. Nous avions toujours affaire à des partis soutenant de manière inconditionnelle l’exécutif dans tout ce qu’il entreprend. Dans un subterfuge imparable le pouvoir politique s’était constitué une majorité inamovible. En surface cela donnait l’impression qu’au niveau de l’APN ou du Sénat il y avait un exercice démocratique. Il y avait certes une opposition et le débat était libre. En profondeur cependant on savait que tout était joué d’avance et que cette majorité présidentielle avait toujours le dernier mot. L’opposition le savait mais elle ne pouvait rien faire car étant prise au piège à cause de scénario machiavélique concocté par le sommet de l’Etat qui proclamait que c’était cela la vie parlementaire. Après le soulèvement populaire pacifique qu’a connu le pays et l’investiture au sommet de l’Etat d’un président très informé des pratiques sournoises de l’ancien régime politique et connaissant parfaitement leur fonctionnement , la vision d’un parlementarisme de façade devait disparaitre. Finie donc cette majorité présidentielle et place à un parlement qui se sépare ouvertement du pouvoir exécutif. En l’absence de cette majorité les deux chambres peuvent à présent voter en faveur de l’exécutif ou rejeter tout ce qu’il présente aux députés et sénateurs. Bien sur les nouveaux élus issus des dernières élections législatives sont aujourd’hui distincts les uns des autres et n’ayant aucun lien filial ou préfabriqué avec le sommet de l’Etat , celui-ci veut à présent se situer au dessus de la mêlée en étant au dessus des partis. Néanmoins les nouveaux élus n’ont pas encore atteint cette maturité politique qui donne à tout parlement la possibilité d’exercer souverainement et en toute liberté un contrôle strict et sans complaisance de l’exécutif mais cela finira par arriver car la constitution amendée non seulement le permet mais elle donne aussi toute latitude au parlement de le faire. Cela prendra le temps qu’il faudra mais cela se concrétisera dans cette nouvelle Algérie qui bannit toute servilité ou opportunisme politique à des fins non avouées. En ce qui concerne la vision économique, la disparition de toute accointance avec les membres du gouvernement a rendu à la sphère économique cette visibilité qui lui a toujours fait défaut. Désormais il est interdit à l’argent et ceux qui le possèdent d’effleurer de quelque manière qui soit la sphère politique. L’argent doit servir exclusivement à l’investissement et non à se procurer un quelconque privilège. Quant à la vision de notre diplomatie celle –ci tout en étant attachée à ses principes immuables de soutenir les peuples opprimés et leur droit, déterminer souverainement leur destinée. Cette diplomatie s’exerce dans le droit international inscrit dans l’ONU, autrement dit l’Algérie ne s’immiscera pas militairement dans un pays qui opprime sauf si ce pays s’attaque à ses frontières ou utilise des actions répréhensibles au regard des lois internationales.
