L’accord de jumelage signé, lundi à Alger entre l’université d' »Avila » aux Etats Unis et 10 universités algériennes dans divers domaines d’enseignement, de formation, de recherche scientifique et de développement technologique nous amène à nous poser avec acuité une importante question qui a toujours taraudé nos esprits. Devons nous croire vraiment à la volonté de la Maison Blanche sous l’ere Biden de tisser de nouveaux liens avec l’Algérie en oubliant les anciens préjugés qui ont empoisonné durant des décennies l’atmosphère des relations entre les deux pays ?
Croire et espérer des jours meilleurs dans les relations algéro-américaines, pourquoi pas, dirons nous car malgré cette froideur la présence américaine en Algérie n’est pas négligeable. Les entreprises américaines ont toujours été présentes dans l’échiquier économique national notamment dans le domaine des hydrocarbures au sud. On se rappelle encore quelques temps après son investiture, le Président de la République M.Abdelmadjid Tebboune avait reçu à El Mouradia et à sa demande le responsable US chargé des relations américaines avec l’Afrique du nord et le moyen Orient ensuite vint le secrétaire d’Etat Américain aux affaires étrangères qui était lui aussi hôte de l’Algérie. A ce niveau « les entretiens entre les responsables algériens et M. Blinken se sont déroulés dans une atmosphère cordiale et constructive », mettant en évidence la forte impulsion donnée au partenariat stratégique dont les perspectives sont très prometteuses. L’initiative est venue cette fois des Américains et les Algériens seraient partants. Il est encore utile de rappeler les efforts que consent Mme Elisabeth Moore à renforcer une relation bilatérale consolidée dans le domaine de l’économie. En effet depuis son arrivée en février 2022 « beaucoup d’initiatives entre les deux pays ont été enregistrées. Elle avait même souligné dans l’une de ses différentes sorties médiatique, son appréciation sur la nouvelle loi sur l’investissement qu’elle avait qualifiée d’un très bon pas en avant. «je pense que ce nouveau cadre d’investissement est très attractif pour les entreprises américaines». Avait-elle indiqué en son temps. Les visites de personnalités américaines s’étaient multipliées et l’ambassadrice américaine y croit et elle ne cesse de l’affirmer. Coté bureau ovale on observe, c’est déjà une avancée dans ce processus de rétablissement de liens qui a été souvent rompu en raison d’une méconnaissance quasi-totale du fonctionnement de la gouvernance politique en Algérie sous l’ère de l’ancien système. Depuis des décennies les Américains considéraient l’Algérie comme un pays non démocratique et ils ne s’embarrassaient pas de critiquer ouvertement l’Etat algérien. Ils se sont ravisés depuis mais les soupçons ont la peau dure. Mais ce qui énerve le plus la Maison Blanche ce sont les positions de principe des Algériens en ce qui concerne les droits des palestiniens à avoir leur propre Etat aux cotés d’Israël et en ce qui concerne la question du Sahara occidental. Comme le disait Djamel Eddine Saadi journaliste auteur, «les Américains voient d’un très mauvais œil la stabilité ininterrompue qui existe entre la Russie et l’Algérie. Surtout depuis la guerre en Ukraine. Cela ils ne le digèrent pas et ils ont tout faire pour faire baisser le niveau de ces relations qui sont en train de monter en puissance, d’où les déplacements répétés d’hommes politiques US qui se sont succédés à Alger ». Pour les Algériens ce que pensent les Américains de l’état actuel où se trouve le monde est leur propre affaire et ils n’ont aucune intention déclarée ou secrète de contrecarrer la politique américaine en aucune façon et ils l’ont dit à maintes reprises à tout officiel américain se rendant à Alger, prenant toutefois de spécifier que cela ne signifie en aucune façon un alignement envers quelque pays que ce soit et à commencer par les USA. Le message d’Alger a toujours été le même du moins depuis l’arrivée au pouvoir de ‘’Ammi’’ Tebboune. C’est celui de la neutralité et de la paix. Les Américains comprirent qu’il faut faire avec. En clair les Algériens demandent à leurs vis-à-vis américains de tisser un type de liens particulier susceptible de les renforcer dans plusieurs domaines et celui de l’économie vient en premier. Mon interlocuteur m’a rappelé que ‘’Ammi’’ Tebboune n’a cessé de dire aux représentants américains qui venaient à Alger qu’un partenariat économique avec l’Algérie dans divers domaines est possible et pourrait devenir profitable aux entreprises américaines faiblement présentes en Algérie. M.Saadi m’a aiguillé sur le fait que les «Américains ne sont pas intéressés par les énergies fossiles étant eux-mêmes les premiers producteurs mondiaux mais en ce qui concerne les mines qui ont un potentiel avéré de rentabilité il y a là des possibilités immenses. C’est aussi le cas de l’énergie nucléaire civile le pays envisage de se doter de centrales de ce type d’énergie pour l’horizon 2040 et le fait de donner la possibilité aux entreprises américaines d’y être partie prenante cela éliminera tout soupçon de détournement de ce type d’énergie vers une orientation militaire. D’autres domaines comme le tourisme grand standing, l’industrie cinématographique, l’agriculture et l’élevage pourraient également susciter de l’intérêt y compris l’achat d’armement car contrairement à ce que pensent ces mêmes américains l’Algérie n’est en aucun cas dépendante d’aucun pays dans ce domaine. Il suffit seulement de faire une meilleure offre que les concurrents que sont la Russie et la Chine. Pour les Algériens il n’y a aucun tabou à ce sujet.
