A l’heure où les instances environnementales internationales débattent de la dégradation du climat et particulièrement en milieu marin, le sachet en plastique continue d’être utilisé par des millions d’Algériens pour leurs courses, leurs déchets et tout ce qui entre dans un contenant invariablement en matière plastique.
Le gouvernement algérien tout comme tous les gouvernements des pays des rives nord et sud de la Méditerranée sont conscients de la gravité du problème constitué par la présence en milliards d’unités de matière plastique que l’on retrouve aussi bien à l’intérieur des terres que dans la mer . C’est justement en milieu marin que le danger est aujourd’hui présent et qu’il augmente d’année en année. La flore marine de la Méditerranée est menacée d’extinction. Dans cinquante ans si cette matière plastique qui ne se dégrade pas, du moins pas avant des millions d’années, continue de pénétrer la mer et s’enfoncer petit à petit sous sa surface il n’y aura plus de poisson dans une centaine d’années. Cette grande mer, la notre, qui fait la jonction entre l’océan atlantique et l’océan indien grâce au canal de suez qui lui donne accès via la mer rouge est indéniablement menacée par la quantité de plastique qui s’y trouve. On parle d’un plan de récupération de cette matière grâce à des bateaux spécifiquement équipées qui s’en chargeront mais seulement en surface car dans les profondeurs, ces bateaux ne pourront rien et les poissons continueront d’absorber cette matière jusqu’à ce qu’ils meurent souvent asphyxiés. Chez nous en Algérie on subit de plein fouet l’invasion du sachet plastique. On le trouve partout: Chez soi à la maison, à l’extérieur de celle–ci, sur les trottoirs des cités d’habitation, sur les branches d’arbres de nos rues et boulevards, dans les bennes à ordure qui ne sont jamais fermées et qui laissent voleter ces sachets que l’on retrouve immanquablement sous nos pieds. La vraie résolution de ce problème qui menace notre environnement naturel se situe dans l’interdiction radicale de produire cette matière qui ne se dégrade pas et le refus catégorique de la vendre à des commerçants lesquels emballent leurs produits vendus à leurs clients. Ces sachets en plastique sont également vendus dans les marchés aux fruits et légumes par des armées de gamins qui les cèdent à 10 dinars pièce. Or une fois débarrassés de leurs produits ces emballages finissent dans les poubelles lesquelles sont vidées dans des décharges publiques, livrées souvent aux intempéries et vents. Mouillés ces emballages s’entassent en monticules qui grossissent de manière démesurée. Les responsables de ces décharges publiques constatant ce grossissement s’amplifiant de jour en jour prennent alors la décision de bruler cette matière laquelle, loin de s’autodétruire se disperse dans la nature et finit par recouvrir les sols à des kilomètres à la ronde. Sans compter que ces incinérations de matière plastique dégagent une fumée toxique et potentiellement cancéreuse pour celui qui l’inhale en continu. Or le plus souvent ces décharges sont situées non loin des villes. La distance qui les sépare des agglomérations ne met nullement à l’abri les populations des relents toxiques disséminés par le vent. Certes on compte dans chaque région du pays au moins une usine de recyclage de la matière plastique mais ces usines sont spécialisées dans le recyclage des bouteilles et non les sachets plastiques. Sauf que précisément ce sont les sachets plastiques qui représentent le danger qui guette en premier notre santé. En fait l’Etat doit prendre sa responsabilité en prenant la décision radicale d’interdire toute production d’emballage en plastique sur l’ensemble du territoire national. Il a essayé de le faire dans le passé mais il n’y a pas réussi, il existe un lobby national de l’industrie plastique qui refuse d’abandonner un créneau très lucratif qui rapporte des milliards de dinars. Croiser le fer avec les opérateurs économiques spécialisés dans l’emballage n’est pas une mince affaire et souvent on réussit à trouver quelque compromis lequel ne servira strictement à rien car la seule et unique solution on la connait et il n’ ya pas d’autre, celle d’en finir une fois pour toutes de produire cette matière puissamment dégradable de notre environnement. Ceux qui disent qu’on ne peut pas la remplacer par une matière bio dégradable font dans la manipulation grossière. Certes en Algérie nous n‘avons pas cette possibilité qu’ont ces pays de l’hémisphère nord qui disposent de superficies forestières immenses lesquelles fournissent de la pate à papier qui servira à produire des sacs biodégradables, par contre nous sommes en mesure de recycler nos vêtements usagers lesquels peuvent être transformés en emballages sans pour autant dégrader notre environnement immédiat constitué d’herbages de nos sols et superficies agricoles et de pâturages pour nos bêtes à cornes ou encore et surtout cet environnement marin bordant notre littoral où vit une flore améliore notre alimentation vivrière.
