Le message du président de la république à l’occasion du 5 juillet 2023, consacrant le 61 ème anniversaire de l’indépendance se distingue par une différence notable des messages traditionnels adressés à l’occasion de cette date hautement symbolique. En effet le président est entré dans le vif d’un sujet qui n’a jamais été abordé jusqu’ici.
Il s’agit de la fin de l’Etat providence, dont les mécanismes sont l’assistanat produit d’une rente qui n’a plus lieu d’exister. Ce genre de message que le chef de l’Etat adresse à la nation entière et particulièrement à la jeunesse ne ressemble pas du tout aux messages auxquels les présidents antérieurs nous ont habitués et que personne ne prenait au sérieux à cause de leur caractère répétitif et de leur forme lénifiante. Ce message de 2023 que le président a déjà consacré comme étant l’année de la relance économique et du tournant économique majeur qu’a pris l’Algérie se veut significatif. Pour le chef de l’Etat répéter à l’envie ce que tout le monde a entendu depuis soixante ans ne sert désormais plus à rien. Il faut donc entrer dans le vif du sujet et celui–ci concerne la nouvelle politique économique et sociale que vient d’adopter l’Etat. Celle–ci se base sur l’effort et l’encouragement de cet effort par l’Etat à travers tous ses instruments qu’ils soient financiers ou juridiques. Pour le président de la république le pays a très longtemps appliqué des concepts qui l’ont mené à la ruine. Ces concepts sont ceux de l’assistanat et de la rente, engendrant une mentalité qui s’est enracinée dans l’esprit d’une majorité de nos citoyens, celle du «Baylak» autrement dit d’une aide providentielle pérenne de l’Etat qui prélève ainsi des sommes importantes du trésor public la distribue à toute la population sans faire de distinction entre ceux qui ont les moyens et ceux qui sont totalement démunis. Le monde actuel ne fonctionne plus comme cela et l’Algérie est un des rares pays à fonctionner à l’ancienne. Les défis actuels de l’économie mondiale imposent à notre pays de les relever et c’est ce que l‘Etat nouveau issu des élections de décembre 2019 a compris en imposant une approche économique et sociale différente de toutes celles que les Algériens ont connue. L’Algérie adopte aujourd’hui sans aucun complexe le modèle de l’économie libérale en encourageant tous ceux et celles qui veulent entreprendre, les aidant en cela dans leurs projets. La politique nouvelle choisie par l’Etat a également fait le choix d’assoir son modèle économique sur la PME et les Start-up tout en ne négligeant pas du tout les grandes entreprises dans leur avancée vers le développement d’un réseau industriel tourné vers le profit. Ainsi l’Etat d’aujourd’hui ne fait pas de différence entre le secteur public et le secteur privé. Il ne leur demande que d’être compétitifs et de réaliser des profits. Il est aujourd’hui, hors de question pour l’État de perfuser les entreprises publiques défaillantes. L’Etat a aussi et pour la première fois de son existence en tant qu’Etat ouvert son patrimoine économique à l’investissement étranger. Il ne demande à celui-ci que de respecter le principe de gagnant-gagnant. Toutes ces nouvelles prérogatives introduites depuis quatre ans ne laissent plus de place à une politique sociale qui ne laisse aucune chance à la croissance économique de s’épanouir. C’est pour cela que L’Etat a décrété la fin de l’assistanat et la mise à mort de la mentalité du «Baylak ».
