50, 63% tel est le taux de réussite (moyenne nationale) du baccalauréat 2023, moins que celui de l’année dernière (2022): 58, 75%. En fait c’est le taux le plus bas enregistré depuis 2016. Il va falloir rendre des comptes car il est inconcevable que chaque année on enregistre à chaque fois un recul. Si cela continue comme cela on obtiendra moins de cinquante pour cent dans les années à venir.
Qu’est ce qui se passe ? Pourquoi en est–on arrivé là? Est–ce tellement difficile pour nos jeunes lycéens de suivre et de conclure un programme d’études secondaires pourtant répondant aux normes universelles, du moins pour les matières fondamentales comme les mathématiques ou les sciences. Il semble que c’est le cas au vu des résultats obtenus même au BEM comme c’est le cas cette année où le taux de réussite à cet examen des collèges a à peine dépassé les 60%. Une question se pose et elle a un caractère singulier. C’est celle–là: Est–ce que le niveau a réellement baissé par rapport aux années précédentes où on affichait des résultats du Bac proches des 65% et du BEM: 70%? Ou est –ce qu’on gonflait sciemment les pourcentages pour ne pas avouer les échecs? Il est certain qu’avant l’arrivée du président Tebboune au pouvoir, l’ancienne équipe de l’exécutif se permettait des facilités en matière d’information. On ne disait pas la vérité et on prenait soin de la maquiller pour ne pas ajouter à la déliquescence du pouvoir de l’époque dont le chef de l’Etat était dans l’impossibilité de diriger un gouvernement qui subissait des influences de toutes parts et prenait soin d’éviter toute transparence. Après l’évènement Hirak et l’investiture d’une nouvelle direction politique issue de l’élection présidentielle de décembre 2019 l’orientation fondamentale donnée par le nouveau président c’est la transparence dans tous les domaines de la vie économique et sociale. Or l’éducation nationale représente le pivot de la nouvelle politique consistant à bâtir une Algérie nouvelle, basée sur le savoir et la compétence. Des programmes à la hauteur des ambitions affichées ont été réalisés en accord avec les syndicats d’enseignants. Il se trouve cependant que c’est au niveau de ces derniers que les failles existent Selon beaucoup d’élèves des collèges et des lycées les enseignants ne font que transmettre un savoir que manifestement ils ne maitrisent pas complètement. Ils ne font que survoler le programme sans l’approfondir ou du moins le rendre accessible à la compréhension. Résultat lors des interrogations écrites trimerestrielles beaucoup de questions posées lors de ces interrogations restent sans réponses car l’élève ne les a jamais comprises ou assimilées. Conséquence de cela: Lors des examens du passage du moyen au secondaire une grande partie des élèves passant l’examen du BEM échouent à cause des réponses incorrectes données par eux lors de cet examen. Faut–il préciser qu’il y a un enchainement qui fait suite lors de l’admission au secondaire où les matières enseignées en 1ère, seconde et troisième AS sont censées compléter celles enseignées au cycle moyen. Or s’il y a constat d’une rupture d’une telle complémentarité il est évident que la chaine du transmission du savoir se trouve rompue et alors il y a disfonctionnement. Un tel disfonctionnement s’amplifie l’année suivante et celle d’après jusqu’à l’examen final, celui du baccalauréat. C’est ce qui est entrain de se produire. Alors que faut–il faire pour mettre un terme à un tel disfonctionnement? Il semble qu’il faille non pas revoir le système actuel d’enseignement qui a été revu et expérimenté tant de fois depuis l’indépendance mais se préoccuper surtout et avant tout de l’évaluation du corps enseignant car c’est de là que le problème que nous rencontrons chaque année provient. Un audit national du personnel enseignant est devenu impératif car si cela ne se fait pas et si on continue d’agir comme si rien ne s’est passé en mettant à chaque fois la faute aux élèves, on va droit dans le mur.
