La situation au Niger qui partage avec l’Algérie une frontière imposante se complique de jour en jour suite au coup d’Etat militaire qui vient de se produire dans ce pays. La France qui est aux manœuvres pousse la CEDEAO à agir militairement pour faire pression sur la junte au pouvoir à Niamey, voulant forcer celle–ci à lâcher les rennes. Or c’est un calcul des plus erronés car les militaires au pouvoir dans ce pays ne se laisseront pas faire et toute intervention militaire génèrera un chaos indescriptible dont la conséquence prévisible est l’exode des populations civiles vers l’Algérie, pays dont les ressortissants ont déjà pris l’habitude de venir très souvent, sauf que cette fois–ci il ne s’agit pas d’allers et de retours comme cela a toujours été le cas jusqu’à présent. Si confrontation il y a entre les troupes de la CEDEAO et celles du Niger il y aura un effet de masse dans l’exode des populations lesquelles prenant peur d’être prises entre deux feux se dirigera immanquablement vers la frontière algérienne. Or celle–ci si un conflit existe entre la CEDEAO et l’armée nigérienne sera aussitôt fermée. Que deviendront alors ces milliers de réfugiés fuyant d’éventuels combats si ceux–ci ont réellement lieu ? Cette question c’est à la CEDEAO et à la France qu’il appartient de répondre car même pour une question humanitaire d’une grande importance l’Algérie ne pourra pas accueillir des centaines de milliers de réfugiés ni permettre l’implantation de camps dont l’installation risque d’être longue.
