Crise du Niger: Ahmed Attaf entreprend une tournée de médiation

0
176

 Le président Tebboune a chargé son ministre des affaires étrangères, Ahmed Attaf d’entreprendre une mission de médiation dans trois pays de la CEDEAO, à savoir le Nigéria, le Benin et le Ghana. Il est à rappeler que ni le Nigéria, ni le Ghana, ne font partie de l’ex AOF ( Afrique  occidentale française). Ils faisaient partie de la sphère géographique qui faisait partie de l’empire britannique.

Ce n’est donc pas un hasard de choix mais d’un ciblage délibéré. Les deux pays en question, le Nigéria et le Ghana ne subissent pas l’influence de la France que ce pays exerce sur le Sénégal et surtout la Cote d’Ivoire. Aller dans ces pays (Sénégal et Cote d’Ivoire) et espérer les faire revenir sur leur décision de ne pas choisir l’option militaire contre le Niger, c’est peine perdue. Il y a par contre le Benin tiraillé par une influence française agissante et une intelligentsia béninoise qui entend se libérer de cette influence française qu’elle considère comme peu rentable sur le plan économique. Par ailleurs le Benin est coincé entre le Burkina Faso  et le Mali. Il y a une zone tampon entre ces trois pays qui est devenue le territoire incontesté des groupes djihadistes. Les soldats de la force Barkane n’ont jamais réussi à les déloger et encore moins les armées locales des pays limitrophes. Ces groupes dont une partie fait partie d’AQMI, une autre de Daesch et une troisième de Boko Haram. Pour le moment ces trois groupes s’observent mutuellement mais ne se battent pas entre eux. Ils attendent que ces pays tombent comme un fruit mur pour occuper chacun d’eux le plus grand nombre de territoires. C’est ce qu’essaiera de dire Ahmed Attaf à son homologue béninois et au président de ce pays. Notre ministre conseillera à ce pays de faire très attention et de ne pas suivre à l’aveuglette des pays comme le Nigéria ou le Ghana, deux géants de l’est de l’Afrique qui peuvent défendre leurs territoires, ce ne sera pas le cas du Benin qui sera sans doute sacrifié à l’autel de la compromission.  Quant aux discussions que notre ministre des affaires étrangères aura avec les responsables politiques nigérians et ghanéens, celles–ci concerneront une proposition algérienne qui pourrait satisfaire tout le monde sans que personne ne perde la face. Les Africains savent bien que la diplomatie algérienne a des atouts qu’elle sort à chaque négociation et qui ont ainsi toujours évité l’irréparable. L’exemple des accords d’Alger concernant le Mali est à cet égard significatif. On en parle toujours et il a vraiment évité à ce grand pays de sombrer dans une guerre civile aux conséquences désastreuses.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici