Protection des villes de Mila contre les crues: La réalisation de systèmes de drainage des eaux pluviales s’impose

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Devant la recrudescence des cas d’inondation et l’augmentation, d’année en année, du nombre des sites inondables sur le territoire de la wilaya, la Direction des Ressources en Eau de Mila propose la réalisation de systèmes d’évacuation des eaux de ruissellement au niveau de toutes les régions exposées aux risques de crues. Ainsi le service d’Assainissement à la DRE souhaiterait la réalisation de 32 projets de protection contre les inondations pour immuniser les villes et villages de la région contre tout risque d’inondation. Le chef de ce service, BaghoulWahid, a indiqué, ce dimanche, que la meilleure façon de prémunir les centres urbains de la wilaya serait de les ceinturer de système de canalisation des eaux pluviales. A ce propos, notre interlocuteur précise que ses services proposent la réalisation de 32 projets de protection au niveau de 25 communes de la wilaya de Mila. « Sur le territoire de la wilaya, 25 communes sont classées « à risques », c’est-à-dire elles comportent des sites inondables », dira Baghoul. Ce responsable estime que la réalisation de cet ensemble de projets reviendrait à environ 950 milliards et il appelle les autorités locales à mettre « la main dans la poche » pour le concrétiser. Notre interlocuteur souligne, d’autre part, que la wilaya de Mila est, aujourd’hui, plus exposée aux risques d’inondations que par le passé. En effet, selon Baghoul, les changements climatiques et, surtout, l’urbanisation sauvage, ont multiplié par deux les risques de crues localement. « Figurez-vous, la ville de Tadjenanet, par exemple, était exempte d’inondations. Il a suffi que des bâtiments soient implantés dans les lits des oueds de la région pour que les eaux pluviales soient détournées vers des zones habitables et les transformer, par ricochet, en zones à risques ». Selon ce cadre de la DRE, de nombreuses autres régions, jadis sûres, sont, désormais, classées « inondables » à cause de l’anarchie urbanistique.  « Il y tout juste une année, soit en 2022, le nombre de zones à risques sur le territoire de la wilaya de Mila était de 160 zones seulement. Cette année, ce nombre est passé à 222. » Beghoul souligne que ses services ont établi une cartographie des zones inondables à Mila et ils ont recensé pas mois de 222 sites, contre seulement 160 en 2022, soit une augmentation fulgurante de 62 zones. Qualifiant la situation de « très inquiétante », notre interlocuteur estime que le mieux que l’on puisse faire dans l’immédiat, c’est de construire des systèmes de drainage des eaux pluviales dans toutes les zones inondables et de nettoyer et récurer les caniveaux et les avaloires et déboucher les collecteurs et les canalisations d’eau obstrués. Dans ce sens, notre interlocuteur évoque la mise en place d’un plan d’action qui va prendre en charge, en priorité, les zones les plus exposées aux risques d’inondations. « On va commencer par protéger le centre le plus exposé aux inondations, c’est-à-dire la ville de Tadjenanet. » Pour BeghoulWahid, cette ville du sud de la wilaya, autrefois sûre, présente, aujourd’hui, un risque accru. « Elle était sûre. Subitement, elle s’est retrouvée sur la liste des zones menacée. La poussée de l’urbanisation sauvage a joué un vilain tour à cette commune. »  Pour notre interlocuteur, Tadjenanet présente, actuellement, le profil de la ville la plus menacée sur le territoire de la wilaya et elle doit, par voie de conséquence, être traitée en priorité. Et de précise : « On a lancé une étude de faisabilité en prévision du projet de construction d’un système de protection contre les crues de cette ville et des crédits ont été alloués à l’opération de réalisation. Cette ville, rappelle-t-il, a frôlé l’apocalypse au début de cette année. « Les orages impétueux qui se sont déclarés en mai passé, donc  à un moment inhabituel de l’année, ont provoqué des morts et des ruptures d’ouvrages d’art et d’habitations. C’était apocalyptique. On doit tout faire pour qu’un tel scénario ne se reproduise plus. » Notre interlocuteur souligne, d’autre part, qu’après Tadjenanet, on se tournera vers les autres zones à risques, suivant l’ordre des priorités. Pour Beghali, la ville de Mila, située dans une espèce de cuvette naturelle, constitue également une priorité. « Dans notre stratégie, on va réaliser une première tranche du système de protection de la ville de Mila au plus vite. On aura besoin de 100 millions de centimes pour concrétiser la première tranche afin d’endiguer les flots impétueux se déversant des hauteurs vers le centre-ville. Puis, on étendra progressivement le système de drainage des eaux aux autres quartiers.Beghoul souligne que le plan d’action mis en place par ses services prévoit la prise en charge de tous les centres à risques. « On priorise les centres qui ont déjà des études. Ceux qui n’en ont pas encore, ils seront pris en charge au fur et à mesure que leurs études sont réalisées. » En attendant la concrétisation de ces projets, le service d’Assainissement de la DRE continuent de faire de la prévention. Ils cordonnent des opérations de prévention au niveau de 18 communes,  en collaboration avec la wilaya, les APC concernées et les services de l’ONA. « Les services de la wilaya, conformément à la stratégie adoptée, s’appliquent à présent à nettoyer les oueds et les chaâbat. Quant aux services municipaux, ils s’occupent du récurage des avaloirs et des caniveaux ; alors que la mission de l’ONA, elle consiste en le nettoyage des collecteurs et des regards », expliquera Beghali.

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