Les tribus touaregs «Azawed» ont déterré la hache de guerre et tiennent régulièrement des embuscades contre l’armée régulière malienne. Plus au sud ce sont les groupes autoproclamés djihadistes d’AQMI faisant alliance avec d’autres entités qui tiennent en otage Tombouctou. Enfin à la frontière avec le Burkina Faso c’est l’Etat islamique qui s’est offert une base.
En fait les autorités de Bamako ont carrément perdu le contrôle de la situation. Après le départ des troupes françaises du pays les nouveaux dirigeants maliens au lieu de prendre langue avec les touaregs du nord du pays qui ont signé les accords d’Alger depuis trois ans, amenant le calme et la sécurité dans la région limitrophe avec l’Algérie, ont carrément oublié de mettre en application le contenu de ces accords. Le coup d’Etat opéré dernièrement, n’a pas arrangé les choses. Le départ des troupes françaises a précipité des évènements pourtant prévisibles depuis un certain temps. Alger a réactivé récemment le contact avec les autorités maliennes et a conseillé à celles–ci de renouer rapidement les discussions interrompues avec les chefs de tribus touaregs dont quelques uns d’entre eux, faute d’une réponse de Bamako, se sont joints à AQMI et à Ansar Edine. L’Algérie voisine et amie de longue date du Mali quels que soit ses dirigeants, éprouve une certaine inquiétude notamment en ce qui concerne le mouvement incessant des groupes terroristes, ennemis séculiers de notre pays. Les Touaregs Alger peut leur faire entendre raison mais à condition que les militaires au pouvoir à Bamako appliquent les accords signés avec eux , seule garantie d’un retour au calme. Il est évident que ceux qui gouvernent actuellement ce grand pays du Sahel ne peuvent faire face à trois fronts, celui du nord, tenu par les tribus touaregs, celui du centre et du sud par El Qaeda et à l’extrême sud par l’EI. Le seul allié potentiel du Mali est incontestablement l’Algérie. C’est donc une question de survie pour le Mali en tant qu’Etat souverain car s’il continue sa politique d’enfermement sur lui-même il connaitra ce qu’ont connu l’Irak et la Syrie: Un démembrement qui finira par embraser l’ensemble du Sahel et pourra même s’étendre à cette Afrique de l’ouest jusque là préservée de l’expansion djihadiste. Ce n’est certainement pas la France qui viendra à nouveau porter secours à un ennemi invisible qui se fond dans la population et la nature dont il maitrise tous les recoins , ni d’ailleurs les Etats–Unis qui seront pendant une année occupés et en pleine période électorale, ni d’ailleurs les Russes où Wagner ou ce qui en reste est présent en Centrafrique et au Burkina Faso mais dont le nombre ne pourra pas faire grand-chose. En réalité l’Afrique est aujourd’hui et plus que jamais maitresse de son destin. C’est aux Africains de se prendre en charge. Tout recours aux grandes puissances qui dominent militairement le monde est vain car ces mêmes puissances sont en train de se confronter sur d’autres continents et l’Afrique constitue pour elles une moindre préoccupation. Des pays comme l’Algérie et l’Afrique du sud peuvent jouer un rôle attribué jadis à l’occident, à l’Union soviétique et à la Chine avec la différence et celle –ci est notable c’est que ces deux grand pays du continent africain ont connu les affres de a colonisation et savent donc intervenir dans le sens de la justice et du droit.
