Le Témoignage du Dr. Benderradj Karima

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Dr. Benderradj Karima, une amie intime de Fadila, nous livre son témoignage passionné: « Fadila est la torche qui brille dans l’obscurité, la plume qui combat l’injustice, et l’âme qui ne se tait jamais. Sa passion pour la littérature et sa compassion pour les opprimées sont inégalées. Elle est un phare de la résilience humaine. »

Le Brasier de l’Article du Mois

Ce mois-ci, nous nous inclinons devant l’ingéniosité de Fadila El-Farouk, une force inébranlable de la littérature. Son parcours est un cri de défi contre l’obscurité, une lumière brûlante dans le ciel de l’Algérie. Ses mots sont des braises qui continueront de réchauffer les cœurs, d’éclairer les esprits, et d’incendier l’âme de ceux qui cherchent la vérité.

Fadila El-Farouk, célèbre auteure algérienne, est l’auteure de plusieurs ouvrages tels que «Voler un moment d’amour» (1997), Humeur d’une» (1999), «Ta Al khajal» (2005), «la découverte du désir» (2010), et «les régions de la peur» (2012). Bien que née en Algérie, elle a choisi de s’installer au Liban il y a plusieurs années. Dans ce portrait entretien, elle partage son parcours, mettant en lumière les défis auxquels font face les femmes algériennes au pays des Cèdres. Lorsque l’on interroge Fadila sur les raisons de son installation au Liban, elle révèle que cette décision a été motivée par la nécessité de fuir l’Algérie en 1990. Initialement, elle avait envisagé de se rendre en Tunisie ou en France, mais l’obtention d’un visa s’est avérée être un obstacle insurmontable. C’est grâce à un ami rencontré par correspondance, résidant au Liban, qu’elle a finalement pu obtenir un visa et s’installer dans ce pays du Moyen-Orient. Le contraste culturel entre l’Algérie et le Liban est frappant, selon Fadila. Elle se souvient s’être sentie comme une étrangère à sa propre culture en arrivant au Liban. Les différences religieuses, linguistiques et de mode de vie sont particulièrement marquantes. Au Liban, elle a été frappée par la diversité religieuse et la liberté de croyance, en comparaison avec l’Algérie, où la religion est souvent perçue comme une obligation sociale plutôt que comme un choix personnel. Sur le plan linguistique, les Libanais maîtrisent plusieurs langues, tandis que les Algériens considèrent souvent la langue française comme un héritage colonial. De manière plus personnelle, Fadila souligne que sa propre émancipation en tant que femme a été favorisée au Liban, où les femmes sont généralement plus instruites et autonomes par rapport à l’Algérie, où elle ressentait vivre dans une « prison » qui limitait la liberté des femmes. Lorsqu’on aborde les problèmes auxquels sont confrontées les femmes en Algérie, Fadila pointe du doigt l’éducation et les tabous comme principaux obstacles. Les femmes ont souvent des restrictions importantes sur leur liberté de mouvement et de rencontre avec des hommes, ce qui est jugé sévèrement par la société. Elle souligne également les difficultés liées à l’absence de leadership féminin en Algérie et la résistance de certains leaders à l’émancipation des femmes. Fadila est convaincue que la place des femmes est essentielle dans la beauté et la prospérité d’un pays.

Quant à la littérature algérienne, elle déplore son manque de visibilité en Algérie même. Selon elle, la littérature algérienne ne reçoit pas l’attention qu’elle mérite, que ce soit à l’école ou à l’université.

Elle mentionne également les contraintes imposées par le passé aux écrivains en Algérie en raison du manque de liberté d’expression, rappelant que certains écrivains algériens ont été contraints de vivre en exil. Fadila explique son choix d’écrire en arabe en raison de son identité amazighe, bien qu’elle ait une affection particulière pour la langue arabe. Elle considère que l’arabisation forcée en Algérie a limité sa liberté d’expression en l’empêchant d’écrire dans d’autres langues. Enfin, elle compare la situation du terrorisme en Algérie pendant la « décennie noire » à celle du Liban. Elle note une différence majeure, expliquant que le Liban connaît des tensions confessionnelles alors que l’Algérie était principalement confrontée à l’islamisme radical. Elle partage ses souvenirs d’une période où les islamistes avaient infiltré de nombreux aspects de la société algérienne, allant jusqu’à interdire le chant de l’hymne national. En conclusion, Fadila El-Farouk évoque les défis auxquels elle fait face en tant qu’auteure, notamment les critiques des arabisants et le manque d’intérêt des francophones pour son travail. Elle souligne également le besoin de promouvoir la culture algérienne au Liban, critiquant le manque d’initiative des Algériens pour partager leur culture avec le monde.

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