Leaders politiques: Y a-t-il une pénurie ?

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A quelques mois de l’élection présidentielle le paysage politique algérien reste désertique. Où sont passés les ténors de la politique partagés pour les uns dans un soutien sans réserve à l’exécutif en place et pour les autres dans une opposition mitigée entre le bon chic bon genre et les troublions? On ne les entend plus beaucoup et on les voit rarement. Que se passe t-il ?

Le FLN  parti qui détient une majorité tout à fait relative au parlement fonctionne comme un appareil. Il n’a plus à sa tête un chef charismatique comme c’était le cas jadis. Son clone le RND continue de subir un choc post traumatique après le départ d’Ouyahia et de Zitouni et s’est plongé dans un silence assourdissant.  Celui qui le représente reste inconnu pour une très grande majorité de citoyens. Alors que le calendrier électoral  prévoit avant la fin de  cette année ou au début de l’année prochaine l’élection du président de la république ces partis qui ont toujours soutenu les présidents en place vont certainement le faire car pour eux c’est devenu une tradition mais ce soutien sera sans panache car il n’y a plus ces tribuns que nous connûmes jadis au temps de Chadli et surtout de Bouteflika. La plupart d’entre eux sont morts ou en prison. Ce sera sans doute un soutien de principe qui sera actionné par des appareils et non  plus par  des leaders charismatiques. On voit mal ces partis proposer des candidats sortant de l’ordinaire pouvant entrer en compétition avec Abdelmadjid Tebboune si celui-ci se représente. On n’en voit aucun! Par contre il y aura toujours un Abdelkader Bengrina qui se présentera comme il l’avait fait la dernière fois et obtiendra par  une quelconque grâce «providentielle» un pourcentage égal à celui qu’il avait obtenu en  décembre 2019. De toute façon il faudra des challengers sinon le scrutin semblera douteux. C’est surtout du coté des partis qui n’ont jamais soutenu les pouvoirs en place depuis l’instauration du multipartisme qu’il faut voir. Que représentent aujourd’hui dans le paysage oppositionnel les islamistes, les laïcs, les centristes et les divers gauches ? L’islamisme politique est aujourd’hui représenté par le MSP, le parti «Nahda» et celui dirigé par Abdallah Djaballah  ne font plus le poids. Leur réservoir militant s’est réduit comme une peau de chagrin. Mokri   l’ex leader incontesté de Hamas  se présentera sans doute  tout en sachant pertinemment bien qu’il ne fera pas le poids face à Tebboune si encore une fois ce dernier se représentait. Il obtiendra bien sur un pourcentage honorable mais bien loin d’une prouesse électorale. Chez l’opposition républicaine c’est  incontestablement le FFS  qui occupe actuellement la scène politique. Son Premier secrétaire Aouchiche a repris en mains ce parti qui avait frisé la disparition à cause des divisions internes qui le minaient. On peut dire que ce chef du plus vieux parti d’opposition est en train de s’offrir une stature de leader. Est-ce pour autant qu’il présentera sa candidature à l’élection présidentielle de 2024 il est trop tôt pour le dire mais ce ne serait as si mal s’il consentait car cette élection deviendra incontestablement crédible.  Qui sont les autres chefs de cette opposition républicaine qui sortiront de l’ombre dans les jours ou les mois qui suivent?  On a déjà un aperçu  sur un retour probable en politique de la passionaria de la politique algérienne Louisa Hanoune qui vient de se distinguer par une déclaration intéressante sur la détérioration du pouvoir d’achat des Algériens.  Il y a aussi le RCD  qui n’arrive toujours pas à trouver un chef de la trempe de Saïd Sadi et enfin le MDS  cette formation qui a perdu son orientation communiste première pour s’habiller autrement en calquant le parti français «La France insoumise» de Jean Luc Mélenchon. Tout cela n’est évidemment pas sérieux car on sait pertinemment quelles sont les préférences politiques des Algériens et pour qui ils voteront.

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