1er Novembre 1954- 7 octobre 2023 Un même combat anticolonial

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Il y a 69 ans au cours de la nuit séparant le 31 octobre du 1ér novembre 1954 des crépitements de balles et des explosions de bombes artisanales ont été entendus dans la partie nord de l’Algérie présumée française, surprenant les autorités coloniales en place et au cours de la journée de cette Toussaint (fête des morts) à Paris. Il y a trois semaines, précisément le 7 octobre dernier Israël célébrait Yom Kippour sans se douter que ce jour là va marquer et pour longtemps le début d’une guerre de libération dont l’issue ne fera aucun doute, celle du recouvrement de toutes les terres palestiniennes occupées depuis 1967 et pourquoi pas depuis 1948.

Ce combat qu’on qualifiait en 1954  de désespéré  et qui  huit années plus tard  mena à l’indépendance de cette Algérie colonisée depuis 132 ans, est pratiquement identique à celui que mènent les combattants palestiniens depuis 1948, date fatidique pour ce peuple qui avait été chassé de ses terres ancestrales pour être remplacé progressivement par des colons juifs. C’est ce qui s’était passé en Algérie après la conquête du pays où l’on vit venir et s’installer des colons venus de France et d’Europe du sud. Une colonie de peuplement qui atteignit à son apogée 1 million d’Européens censés se multiplier et imposer leur présence à une population algérienne estimée à 9 millions la veille de l’été 1962. Tout comme cela a été le cas en Palestine dont la colonisation de peuplement s’intensifia et n’a cessé de l’être atteignant aujourd’hui 9 millions de juifs qui rêvent de chasser comme ils l’avaient fait en 1948 les trois millions de palestiniens vivants en Cisjordanie occupée par Israël depuis 1967. Le 7 octobre dernier Israël dormait sur ses lauriers, croyant que le rêve palestinien d’avoir un Etat, le leur, était un souvenir que même certains pays arabes ayant signé des accords de reconnaissance du fait accompli israélien en terre de Palestine semblent partager. En ce samedi jour de shabbat doublé d’une fête religieuse importante pour les juifs «Yom Kippour» les combattants du Hamas neutralisèrent tous les dispositifs présumés très sophistiqués des points d’accès  du mur séparant la bande de Gaza du territoire israélien et pénétrèrent sur une profondeur de trente kilomètres à l’intérieur de cet Israël présumé inviolable et inexpugnable.  Bien sûr ces combattants mais aussi de nombreux gazaouis qui sont entrés dans cet espace israélien  n’ont pas fait dans la dentelle en se livrant à des actes qualifiés par le monde occidental comme barbares. Mais avaient–ils le choix?  Si les combattants du Hamas avaient des chars et des drones cette incursion en territoire israélien se serait passée autrement. Tout comme en Algérie entre 1954 et 1962  quand nos feddayin se livraient à des attentats en zones urbaines ou nos moudjahidines attaquaient les fermes des colons dans les zones rurales, les combattants du Hamas n’avaient, eux aussi,  pas d’autre choix que de s’en prendre à ces israéliens qui avaient choisi de coloniser une terre qui ne leur a jamais appartenu.  Ceux qu’Israël et l’occident qui le soutient qualifient aujourd’hui de civils innocentes qui ne méritaient pas de mourir sont en fait des militaires en puissance, qu’ils soient hommes ou femmes. Tous ces «civils» reçoivent régulièrement un entrainement militaire et se tiennent toujours prêts pour aller combatte les palestiniens. Quant à ceux qui faisaient la fête dans ce désert du Néguev bordant la bande de Gaza  qui payèrent le prix de leur insouciance joyeuse. Ils n’avaient pas à être là dansant et riant et en face d’eux, à quelques encablures de là, existe une douleur incommensurable éprouvée par ces jeunes gazaouis qui dès leur naissance  ne font que pleurer la mort de leurs parents, de leurs proches et de leurs amis  tués par les bombes israéliennes.  Oui! Ces fêtards ont fait preuve d’indécence en faisant la fête  en ce lieu, narguant à coup de rires et  de danses joyeuses la misère humaine. C’est un peu ce qui arriva à ces jeunes pieds–noirs qui dansaient ou faisaient la bombance au Milk bar de la rue d’Isly et de la Cafétéria de la rue Michelet à Alger quand les bombes explosèrent en tuant et en blessant un grand nombre d’entre eux.  Le combat anti colonial est porteur de morts et de désolation. Il ne prendra fin que lorsque le colonisateur se rendra enfin compte qu’il ne pourra jamais connaitre la paix tant qu’il ne restituera pas ce qu’il a pris par la force et l’arbitraire.

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