Le ministre français de l’intérieur à Alger a effectué une visite de deux jours qui a pris fin hier. Discrétion oblige surtout avec ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient où la position de la France au lendemain de l’attaque du Hamas du 7 octobre dernier était franchement pro –israélienne. Certes aujourd’hui elle a changé mais elle a quand même laissé des traces.
Gérald Darmanin dont les visites à Alger sont fréquentes et qui ne l’oublions pas est le petit fils d’un tirailleur algérien qui certes s’estime profondément français mais rappelle toutefois dès qu’il en a l’occasion ses racines arabes. Cette visite classée de routine a pour objet le projet de loi sur l’émigration qui sera présentée au parlement français et qui soulève bien entendu des questions dont la droite et l’extrême droite entendent exploiter pour mettre les bâtons dans les roues des partis de la majorité. La diaspora algérienne fort nombreuse en France et nous ne parlons pas des franco algériens mais des nationaux qui résident en France légalement (avec titres de séjour) ou clandestinement est au centre d’une grande polémique dont les auteurs sont la branche droitière du parti LR conduite par Eric Cioti et le RN de Marine Le Pen et on sait que ces deux formations politiques n’aiment pas les Algériens ,qu’ils considèrent comme les plus privilégiés des communautés étrangères vivant en France. La position de la majorité est beaucoup plus nuancée même si le courant dirigé par l’ex premier ministre Edouard Philippe rejoint la droite dite dure en ce qui concerne notamment l’accord de 1968 qui confère un statut particulier à l’émigration algérienne. Toujours est –il qu’Emmanuel Macron ne veut pas entendre parler d’une quelconque brouille avec l’Algérie. Les relations positives qu’il entretient avec Abdelmadjid Tebboune sont pour lui fondamentales et il fera tout son possible pour les préserver et même aller vers le mieux possible. Ainsi Gérald Darmanin exerce par ses visites régulières à Alger la fonction de courroie de transmission. Le ministre de l‘intérieur qui a de nombreux amis algériens est à l’aise quand il s’adresse son homologue et à ses interlocuteurs algériens . Ces derniers savent que celui qui est en face d’eux parle sans détour du sujet qui lui importe le plus à savoir le problème du flux migratoire qui existe entre l’Algérie et la France. Darmanin souhaite en diminuer la densité en proposant d’expulsion de tous les émigrés algériens entrés clandestinement sur le territoire français qui se livrent à des délits ou à des actes de violence dont certains sont graves et irritent les populations autochtones. Le ministre français de l’intérieur souhaite la coopération des services consulaires algériens pour accélérer la procédure d’expulsion pour les cas jugés nocifs et préjudiciables à la bonne entente entre les communautés établies en France. Au cours de sa dernière visite à Alger Darmanin est reparti satisfait car rassuré par son homologue algérien de la faisabilité de la procédure d’accélération des ressortissants algériens ,entrés clandestinement en France et qui se comportent comme des délinquants et voyous. L’autre sujet délicat abordé par le ministre français de l’intérieur qui est aussi chargé du culte concerne ‘expulsion d’imams de nationalité algérienne qui ne sont agréés ni par l’Algérie ni par la France et qui prêchent un islam radical éloigné de l’islam traditionnel dont l’Algérie demeure attachée. La réponse algérienne se fera comme à chaque fois que cela a été le cas par une enquête diligentée par des fonctionnaires religieux algérien dépêchés pour la circonstance en France et qui estimeront ou pas que l’imam suspecté de radicalisme est oui ou non radicalisé et donc susceptible d’être expulsé en Algérie où une fois sur place il rendra des comptes. Cette visite du ministre français constitue une passerelle que les deux pays veulent entretenir en état pour pouvoir intervenir en amont de toute turbulence porteuse de risques pour le maintien de bonnes relations entre es deux pays.
