Elisabeth Moore visite un camp de réfugiés sahraouis Grosse colère au Maroc

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L’ambassadrice des Etats–Unis en Algérie  s’est rendue dernièrement dans la wilaya de Tindouf où elle a visité l’immense camp de réfugiés sahraouis qui se trouvent en cette partie du territoire algérien depuis 1975, date de l’annexion par le  Maroc du  Sahara occidental. Cela n’a  manifestement pas plu au Makhzen.

Elisabeth Aubin Moore est une diplomate qui a du cœur et s’écarte souvent des sentiers battus. Elle vient de visiter un camp de réfugiés sahraouis afin de se rendre compte de visu et de ce qu’elle a pu entendre des réfugiés avec lesquels elle s’est entretenue sur la situation dans laquelle vivent ces dizaines de milliers d’exilés sahraouis qui avaient fui cette fameuse marche verte initiée par le sinistre roi Hassan II en 1975 qui poussa des milliers de marocains à franchir la frontière pour s’installer au mépris du droit international sur une terre qui n’a jamais été la leur. Mme Aubin qui se sent parfaitement à l‘aise en Algérie, un pays, selon son propre aveu, qu’elle affectionne particulièrement et dont elle noua des amitiés profondes avec le personnel politique algérien officiel ou partisan. Elle a été sensible de ce qui se dit et se fait dans cette partie du monde appelée Sahara occidental mitoyen de trois pays; Le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie. Indépendamment de la diplomatie traditionnelle qui a des règles bien à elle l’ambassadrice de la première puissance mondiale en Algérie  ne contourne absolument pas de telles règles.  Elle  sait que son pays avait reconnu au moment de la présidence Donald Trump, la marocanité du territoire sahraoui en dépit du rejet par l’ONU de celle–ci. Elle a également pris acte au moment des nomination en tant que représentante des Etats–Unis en Algérie que l’actuel président de son pays Joe Biden a entériné une telle reconnaissance même si il ne l’approuve pas sans le dire expressément. Malgré ce handicap non négligeable qui existe dans les relations entre les deux pays cette courageuse ambassadrice, connaissant les limites imposées par son mandat et sa mission en Algérie a réussi à imposer une ligne, la sienne qui n’est pas en contradiction avec celle de son pays mais dont le style qu’elle a réussi à insérer a une valeur de symbole. Cette visite dans un camp de réfugiés sahraouis  est plutôt présenté comme un geste humanitaire mais qui a inéluctablement une grande signification affective. Il  a été perçu par le Maroc comme un alignement aux thèses algériennes qui dérangent Rabat. Les médias marocains n’ont pas ménagé l’ambassadrice la traitant durement et la présentant comme une complice de l’Algérie. Une telle réaction disproportionnée laissera Washington froid car le département d’Etat américain aux affaires étrangères dont le chef n’est autre qu’Antony Blinken  qui s’était spécialement  rendu à Alger pour dépoussiérer tous les malentendus qui existaient entre les deux pays et qui avaient tendance à s’accumuler. Les Américains connaissent parfaitement la position algérienne concernant le Sahara occidental. Ils savent que contrairement au Maroc l’Algérie ne nourrit aucune hostilité maladive  et à caractère obsessionnel  envers ce pays.  Considérant cela  cette visite d’Elisabeth Aubin  dans la wilaya de Tindouf relève  plus du symbole que de la provocation imaginée par Rabat.         

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