Les efforts consentis dans le domaine de la production gazière en Algérie semblent porter leurs fruits. L’année 2023 prévoit d’enregistrer, d’ici à fin décembre, les meilleurs chiffres de la production nationale de gaz, jamais enregistrés depuis plusieurs années.
En effet, l’Algérie a récemment enregistré une hausse significative de sa production de gaz au cours des neuf premiers mois de 2023, dépassant les 11% par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données fournies par la base mondiale Jodi Gas World et relayées par la plateforme spécialisée Energy. La production totale de gaz naturel du pays a atteint 79,698 milliards de mètres cubes de janvier à septembre 2023, comparativement à 71,718 milliards de mètres cubes au cours de la même période en 2022, ce qui représente une augmentation d’environ huit milliards de mètres cubes. En détaillant davantage, la progression de la production au cours des neuf premiers mois de 2023 a été stimulée par une augmentation significative en février et mars, avec des volumes respectifs de 10,24 milliards et 13,117 milliards de mètres cubes. Il est important de souligner que le taux enregistré en mars (13,11 milliards de mètres cubes) constitue le niveau le plus élevé depuis 2014, selon les données de Jodi Gas World. En septembre 2023, la production gazière en Algérie a atteint 8,346 milliards de mètres cubes, comparativement à 8,139 milliards en août. Cependant, le mois de juin a marqué le point le plus bas au cours des neuf premiers mois de 2023, avec 7,285 milliards de mètres cubes, représentant le niveau le plus bas depuis octobre 2022. Ainsi, la moyenne mensuelle de production gazière de l’Algérie, enregistrée de janvier à septembre de l’année en cours, s’élève à 8,855 milliards de mètres cubes, par rapport à 7,980 milliards de mètres cubes au cours de la même période en 2022. Cette augmentation de la production gazière s’inscrit dans la stratégie énergétique du pays, qui vise à respecter ses engagements envers les partenaires contractuels tout en saisissant l’opportunité de répondre à une part importante de la demande européenne, suite à la rupture de la plupart des approvisionnements en gaz russe consécutivement à la guerre en Ukraine. Par ailleurs, l’Algérie occupe une position de premier plan parmi les principaux producteurs mondiaux de gaz. Selon la 72e édition de la revue statistique du groupe pétrolier BP en juin 2023, bien qu’elle ait été classée à la 10e place en 2022, l’Algérie demeure le principal producteur de gaz naturel en Afrique, surpassant l’Égypte (64,5 milliards de mètres cubes) et le Nigeria (40,4 milliards de mètres cubes), respectivement classés deuxième et troisième dans la région. Pour rappel, le ministère de l’Énergie a alloué 42 milliards de dollars pour le développement des opérations de recherche et d’exploration de Sonatrach de 2023 à 2027. Des contrats d’une valeur de 6 milliards de dollars ont été conclus entre Sonatrach et ses partenaires internationaux, permettant une augmentation de la production pétrolière de 190 millions de tonnes équivalent pétrole et une production gazière de plus de 10 milliards de mètres cubes. En juillet dernier, la compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach, a signé trois nouveaux contrats avec le groupe français Total Energies, prévoyant notamment une augmentation de la production de gaz. Ces contrats concernent les champs d’exploitation TFT II et TFT sud du site gazier saharien Tin Fouyé Tabankort (TFT), dans le sud-est algérien. Ils s’inscrivent dans le cadre d’un partenariat avec des investissements d’environ 740 millions de dollars pour la production de gaz, de condensat et de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Il est important de noter que la production totale de gaz naturel de l’Algérie est d’environ 102 milliards de mètres cubes, dont 58% sont exportés et 42% sont destinés à la consommation intérieure.
Par Kheireddine Boukhalfa
