Le méthane est l’exemple même de l’enjeu climatique longtemps négligé par la communauté internationale. Mais les choses sont peut-être en train de changer. Un nouveau programme, piloté par l’Algérie et l’union européenne, d’une valeur de 175 millions de dollars et visant la réduction des émissions de gaz est acté.
En effet, la Commission européenne a divulgué une information via un communiqué public, affirmant son soutien à l’initiative algérienne visant à réduire les émissions et à capturer le gaz de torchage afin de proposer un produit énergétique respectueux de l’environnement. En accompagnement de cette démarche, la Commission européenne a alloué une enveloppe de 175 millions d’euros pour encourager les efforts déployés dans cette direction. De plus, la présidente Von Der Leyen a annoncé que la commission élaborera une feuille de route pour le déploiement mondial du programme. « Vous collectez, nous achetons d’ici à la COP29. Ce programme incite les entreprises à capter et à commercialiser du gaz qui autrement serait gaspillé par l’évacuation et le torchage, renforçant ainsi l’action climatique et la sécurité énergétique. L’UE et l’Algérie piloteront ensemble ce projet »souligne le communiqué. Le programme en question vise à apporter un soutien aux initiatives liées à la lutte contre le changement climatique d’une part, et à stimuler l’augmentation des exportations de gaz vers l’Europe d’autre part. Selon les données de la Banque mondiale, le volume annuel de gaz torché en Algérie atteint 9 milliards de mètres cubes. La récupération de ce gaz pourrait non seulement améliorer les exportations gazières du pays, mais aussi offrir aux pays de l’Union européenne l’accès à des volumes supplémentaires de ce combustible très recherché sur le marché international. A ce propos, le communiqué explique : « l’UE apporte un soutien technique, politique et financier aux efforts de réduction des émissions de méthane à l’échelle mondiale, notamment par le biais du programme ‘Vous collectez, nous achetons’, tout en garantissant la mise en œuvre des nouvelles règles sur les émissions de méthane au niveau national ». Dans ce contexte, il est important de souligner les efforts déployés par le groupe Sonatrach pour réduire les gaz brûlés au sein des installations gazières et pétrolières du pays. Ces efforts ont conduit à la récupération de plus de 500 millions de mètres cubes l’année dernière. Des projets ont également été lancés en partenariat avec des grandes entreprises européennes opérant sur le marché algérien, notamment avec le groupe italien ENI. Des discussions sont également en cours avec l’entreprise française Engie en vue de potentiels projets dans ce domaine. Cette initiative entreprise par la compagnie nationale des hydrocarbures s’inscrit dans sa nouvelle stratégie axée sur la production d’énergies « propres ». Cela lui permet à la fois de garantir la stabilité de son marché traditionnel, qui se prépare à adopter de nouvelles normes en matière d’importations gazières de l’Union européenne, tout en marquant son engagement international envers le respect des obligations climatiques, devenues la problématique majeure de notre siècle.
Par Kheireddine Boukhalfa
