Lors d’une interview accordée à la chaine qatarie « El Jazzera » le ministre des affaires étrangères, Ahmed Attaf a répondu à la question de ce média concernant la visite du président algérien en France qui semble faire dans les prolongations. Pour M.Attaf cette visite, bien qu’elle ait pris du retard aura bien lieu quand toutes les conditions de celles-ci seront réunies
Si on analyse les propos d’Ahmed Attaf il semble que certains dossiers au nombre de cinq ,selon le ministre , ne sont pas tout à fait réglés. Il cite en premier cette affaire du burnous et de l’épée de l’Emir Abdelkader qui sont en possession de la France et que l’Algérie réclame car faisant partie du patrimoine historique du pays. Faut –il rappeler que l’Emir dirigeait entre 1830 et 1847 une grande partie de l’Algérie, ce qui était d’ailleurs reconnu par le traité de la Tafna, remis en cause par la suite par la présence militaire française en Algérie qui occupait toutes les villes du littoral algérien poussant son occupation jusqu’à Constantine. L’incarcération de l’Emir en Touraine, précisément au château d’Amboise que nous avons personnellement visité et où se trouve accroché dans le vaste hall d’entrée de ce château un immense portrait de l’Emir où figure en bas de ce portrait une légende dans laquelle sont inscrits les mots suivants « Abdelkader, sultan des Arabes » . L’épée et le burnous de l’homme prestigieux sont restés en France quand l’Emir avait été libéré par Napoléon trois et avait été exilé au Liban qui à l’époque faisait partie de la Syrie ottomane. C’est ce burnous et cette épée que l’Algérie réclame aujourd’hui car au cours de la visite en France du président Tebboune, il est prévu une visite du château d’Amboise où l’illustre personnage incarnant la résistance algérienne à l’occupation française était placé en résidence surveillée. La demande de la restitution de ces deux objets symbolisant le prestige de cet homme a semble t-il posé problème, selon M. Attaf quand la demande officielle a été faite par l’Algérie de restituer l’épée et le burnous il a été répondu que cela nécessitait une loi. Cet argument , selon notre ministre des AE n’est pas convaincant , pour ne pas dire fallacieux , ajoutant « A quoi sert une visite du château d’Amboise par le président d’un pays dirigé pendant un certain temps par un chef d’Etat algérien s’il n’ y a pas de récupération de ce que l’Algérie considère comme des armoiries appartenant au patrimoine historique algérien. L’autre dossier qui coince concerne la faiblesse des investissements français en Algérie qui devaient pourtant selon ce qui était consigné dans la déclaration d’Alger signée par les présidents algérien et français devait signifier l’exceptionnalité d’un partenariat d’excellence entre les deux pays. Or il se trouve qu’à l’heure actuelle les investissements italiens dépassent très largement les investissements français. L’autre sujet qui doit être définitivement réglé et auquel on ne doit plus du tout revenir dessus est le maintien de l’accord d’immigration de1968. Enfin il y a la question mémorielle mais celle –ci semble avancer car les délégations d’historiens des deux pays y travaillent et d’arrache pied. Selon M. Attaf ces dossiers doivent être réglées dans les meilleurs délais pour que cette visite du président Tebboune soit un succès et selon notre ministre des AE, le président Macron y tient, lui aussi qu’elle le soit . De toute façon une telle visite aura lieu avant l’été car en Juillet la France accueillera sur son sol les jeux olympiques.
