En ce début d’année 2024 le monde est en pleine mutation. L’effervescence qui y règne exige de chaque pays une évaluation de sa politique. En ce qui concerne l’Algérie le comptage des pays sur lesquels elle peut compter, ceux qui tergiversent et enfin ceux qui dégagent un relent d’hostilité n’est plus ce qu’il était il y a quelques années.
Par exemple en ce qui concerne la France considérée comme un partenaire privilégié pendant des décennies la donne a complètement changé même si on veut y croire toujours comme c’est le cas présentement grâce à l’attitude affichée par les deux présidents de ces deux pays. Emmanuel Macron a totalement révisé sa copie depuis sa visite à Alger qui remonte à deux ans. Sa rencontre avec Abdelmadjid Tebboune et les discussions qu’ils ont eu ensemble l’ont convaincu de la sincérité des propos de son homologue lequel lui a signifié clairement qu’il ne serait pas ce président qui sabordera les relations entre les deux pays. La prochaine visite qu’il entreprendra, certainement avant l’été à cause de la tenue en France des jeux olympiques va également dans le sens du renforcement de la coopération entre les deux pays. Cependant cette idylle, si idylle il y a durera jusqu’au printemps 2027, qui consacrera la fin du mandat de l’actuel président français. Entre temps il y aura l’élection présidentielle en Algérie en décembre de cette année qui consacrera certainement un second et dernier mandat d’Abdelmadjid Tebboune, car honnêtement on ne voit pas quelqu’un d’autre gagner cette élection. Donc si on fait le compte en terme de durée d’une relation apaisée voire même renforcée entre l’Algérie et la France on aura grosso modo deux ans et demi. Passé ce délai qui verra un autre président ou présidente, on basculera dans l’incertitude complète. Plus rien ne sera comme avant entre les deux pays, passé l’intervalle Macron. A moins de l’élection d’un président de gauche ou du centre, qu’il soit droit ou gauche, ce qui, si l’on croit les sondages actuels relèverait du miracle, un président de la droite telle qu’elle se définit actuellement ou une présidente de l’extrême droite et on, sait de quelle personne on parle marquerait la fin d’une relation privilégiée qui avait duré plus ou moins bien entre la France et l’Algérie depuis 1962. Le classement de ce pays dans la liste des pays amis n’existera plus. Il sera remplacé par le voisin français qu’est l’Italie, pays avec lequel l’Algérie a toujours entretenu de bonnes relations, renforcées avec l’arrivée à la tête de l’Etat algérien d’Abdelmadjid Tebboune. Donc du point de vue du classement des pays amis l’Italie serait la mieux placée à l’échelle de l’Europe occidentale. En fait les relations de l’Algérie avec l’occident n’ont jamais été bonnes même si on ne peut pas les qualifier de mauvaises. Par contre avec la Russie l’excellence a toujours prévalu et cela remonte à l’indépendance. Il en est de même avec la Chine qui est aujourd’hui le premier intervenant économique et le premier partenaire commercial en Algérie D’autres pays considérés par l’Algérie comme amis sont les ex pays communistes comme le Viet–Nam et Cuba où les relations sont plutôt d’ordre sentimental au regard de la période révolutionnaire que traversa l’Algérie au temps des deux présidents Ben Bella et Boumediene. Sur le plan africain l’Algérie compte le plus grand nombre de pays amis. Avec l’Afrique du sud ils sont sur le point de fédérer le continent autour d’une même ligne progressiste et d’émancipation de l’ordre post–colonial. Sur le plan arabe il y a à boire et à manger. Le monde arabe auquel fait partie l’Algérie n’a jamais considéré notre pays comme faisant partie de l’existentiel arabe qui comprend la culture et l’usage de la langue. Certes l’Algérie est classée comme un pays arabe mais on se méfie d’elle car mentalement et culturellement elle est différente en tous points de vue, ce qui se répercute sur la politique au sein de la ligue arabe. Un exemple concernant cette différence est édifiant. Il concerne la question palestinienne. L’Algérie soutient sans réserve le droit des palestiniens à avoir un Etat. Ce qui est loin d’être le cas de la majorité des pays arabes dont certains ont même signé des accords diplomatiques et économiques avec le régime sioniste. Pire que cela ils songent même à sacrifier le droit des palestiniens à avoir leur propre Etat. Une solution d’une confédération israélienne à laquelle ferait partie le peuple palestinien qui deviendrait de citoyen israéliens comme le sont aujourd’hui les Arabes dits israéliens est en train de faire son chemin chez certains leaders du monde arabe qui ont des liens entretenus avec le régime sioniste ou qui envisagent de le faire. Dans cette géographie insolite qui se dessine, l’Algérie fait cavalier seul.
