Naturgy et Sonatrach : Négociations cruciales sur les prix du gaz algérien pour 2023-2024

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Dans un contexte où la stabilité des approvisionnements en gaz est cruciale, le groupe énergétique espagnol Naturgy s’engage activement dans des négociations avec la compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach. Leur collaboration, axée sur les prix du gaz algérien livré à l’Espagne via le gazoduc Medgaz, a connu une pause après les négociations réussies pour l’année 2022. Cependant, conscient de l’importance de maintenir des relations solides avec son principal fournisseur, Naturgy se prépare à poursuivre ces discussions cruciales pour les années 2023-2024 qui restent en suspens.

En effet, selon des sources proches de Naturgy qui se sont confiées au média espagnol « La Informacion », l’entreprise espagnole maintien des relations solides avec la société étatique algérienne, malgré l’absence d’accord conclu pour les années 2023-2024 concernant les prix du gaz. Les contacts entre Naturgy et Sonatrach ont été caractérisés par une coopération étroite, sans problème majeur, comme souligné par ces sources. La décision de ne conclure qu’un accord pour l’année 2022, au lieu des trois années stipulées dans les contrats, est attribuée à la forte volatilité des prix des matières premières, bien que la stabilité des tarifs du gaz l’année précédente ait été constatée.

La visite du PDG de Naturgy, Francisco Reynés, en Algérie en octobre 2023 pour poursuivre les négociations avec Sonatrach n’a pas abouti à un accord, malgré les efforts déployés. Les discussions ont été compliquées par l’incertitude entourant l’offre et la crise politique entre les deux pays, ayant entraîné le gel du traité d’amitié. Cette situation a également eu un impact sur les pourparlers liés aux contrats d’approvisionnement à long terme via le gazoduc Medgaz, et les prix du gaz algérien vendu à l’Espagne ont subi des modifications en raison de cette crise diplomatique.

Pour rappel, en 2023, l’Algérie a repris sa position de premier exportateur de gaz vers l’Espagne, bénéficiant du conflit russo-ukrainien qui a entraîné une diminution des approvisionnements en provenance des États-Unis et de la Russie vers Madrid. Les contrats de vente de gaz entre les deux pays, conclus il y a plus de 20 ans avec une validité jusqu’en 2032, s’élèvent à environ 5 millions de mètres cubes par an. Ces accords comportent des engagements fermes, notamment des clauses « take or pay » et des points d’étape permettant la renégociation des prix tous les trois ans.

La relation commerciale entre la compagnie nationale Sonatrach et Naturgy est renforcée par des liens industriels et financiers, Sonatrach détenant 4,1% du capital de Naturgy. Pendant ce temps, l’Espagne, sous le gouvernement socialiste, envisage de mettre fin à l’énergie nucléaire à partir de 2027. Bien que le nucléaire représente actuellement près d’un cinquième de la consommation énergétique espagnole, le gouvernement prévoit la fermeture de toutes les centrales nucléaires d’ici 2035 pour des raisons environnementales. Cette décision ouvre la voie à un recours accru au gaz et aux énergies renouvelables.

L’Algérie, en tant que grand fournisseur énergétique de l’Espagne, se positionne avantageusement, car cette transition vers des sources d’énergie plus propres offre des opportunités pour l’exportation de son gaz et le développement de projets d’énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire, pour répondre aux besoins énergétiques de l’Espagne. Cela marque une étape significative dans la stratégie énergétique des deux nations.

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