Après sa démarche contre Israël qui a atterri à la CIJ révélant au monde la nature agressive et assassine du régime sioniste le pays de Nelson Mandela se saisit à présent de la question sahraouie considérée comme un cas urgent de décolonisation. Le colonisateur étant bien évidemment le Maroc.
Voila 49 ans que le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975 est occupé par son voisin territorial marocain. C’était sous le règne d’Hassan II. Son fils, Mohamed VI qui lui a succédé au trône a perpétué la domination sur ce territoire, lequel historiquement, ne lui a jamais appartenu, bien qu’il soutienne le contraire. Pour les profanes en histoire le Maroc, avant d’être à son tour occupé par la France qui lui avait imposé le régime de protectorat, était une myriade de petits royaumes lesquels se faisaient de temps en temps la guerre. Il y avait le royaume de Fez, celui de Marrakech, et celui de Rabat. Les trois monarchies avaient leur propre territoire qu’ils contrôlaient plus ou moins bien avec l’aide des tribus berbères, particulièrement les Chleuhs, tantôt vassales tantôt hostiles. Le Sahara occidental, un territoire situé aux frontières sud du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie qui n’était pas à l’époque appelée comme cela était colonisé par l’Espagne depuis trois siècles. Ce coté rappel de l’histoire est très important car c’est là dessus que l’Afrique du sud va s’appuyer pour entamer une démarche impliquant le droit international pour mettre fin à la colonisation du dernier pays africain à l’être encore. Cette saisine sud-africaine intervient à un moment où les peuples africains ont pris conscience de leur identité culturelle et politique qui ne laisse aucune possibilité à un retour du néo colonialisme sous une forme déguisée. L’action de la république sud africaine donne déjà des frissons au Maroc qui se rend compte de son isolement sur la scène africaine. Le royaume perd de plus en plus ses traditionnels appuis. Il comptait sur Israël mais ce pays est embourbé dans une guerre qui lui coûte cher. Les Etats–Unis quant à eux font face à une année électorale dont les enjeux ne leur permettent pas de s’intéresser à un pays qui ne pèse plus rien dans la balance. Lâché par l’Espagne qui a compris que soutenir le Maroc équivaut à un suicide économique, fâché avec un président français qui a devant lui trois années de vie politique, le Makhzen ne sait plus vers quel pays se tourner pour soutenir son projet de marocanisation du Sahara occidental. Certes Mohamed VI peut toujours compter sur les monarchies et principautés arabes qui ont toujours marqué leur solidarité monarchique mais ces pays sont très loin du théâtre des opérations et leurs voix aux nations unies sont infimes. De toute façon le problème sahraoui ne concerne que l’Union africaine et cette organisation a inscrit dans son statut fondateur la décolonisation totale du continent. Pour l’Algérie qui a toujours été considérée comme la bête noire du Maroc, le problème est clair et limpide: Le Maroc doit se plier aux résolutions prises par l’ONU et l’Union africaine et passer par un référendum d’autodétermination supervisé par l’instance onusienne et l’instance africaine. Cette démarche sud africaine va sans doute possible accélérer les choses car de son coté l’Algérie qui est membre non permanent du conseil de sécurité va peut–être, elle aussi, déposer une résolution appelant au respect de toutes les résolutions onusiennes. Faut–il rappeler que le Maroc n’a pas le même poids qu’Israël et qu’aucun droit de véto ne sera opposé.
