Rien ne va plus dans l’industrie du tabac Suspension de tout accord de contrat entre l’UTC et la STAEM

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Le ministère de la justice vient de demander à tous les notaires d’Algérie de suspendre tout accord ou  signature de contrat entre les deux sociétés de tabac œuvrant en Algérie, à savoir la United Tobacco Company (UTC) et la société algéro-émiratie de tabac ( STAEM). Cette décision judiciaire  fait suite à une enquête qui fait état d’un détournement de plusieurs millions de dollars au détriment des intérêts algériens.

 Pour comprendre pourquoi est–on arrivé là il faut remonter dans le temps, c’est-à-dire aller à cette année 2005 quand l’ex président Bouteflika, encore au mieux de sa forme physique et mentale venait de passer une année de son second mandat. L’ex chef de l’Etat, qui rappelons–le avait vécu une vingtaine d’années d’exil dans les principautés du golfe où il entretint des relations fusionnelles avec les membres des familles princières. Il comptait beaucoup sur une éventuelle présence économique de ces princes et consorts émiratis en Algérie. La vérité c’est que cette présence émiratie se contentait de signature de contrats qui étaient loin de répondre à ce que voulait ce président qui avait misé sur elle.  Ce fut le cas quand un homme d’affaires émirati entretenant une relation suspecte avec un conseiller très écouté du président Bouteflika exposa à ce dernier un plan de restructuration de l’industrie du tabac en Algérie où les Emirats seraient prêts à investir des milliards de dollars pour faire de l’Algérie un pays exportateur de tabac en Europe et en Afrique.  Le chef de l’Etat de l’époque fut immédiatement séduit par cette idée et il demanda alors au gouvernement de mettre un terme aux activités de la SNTA qui avait le monopole de la production et de l’importation du tabac en Algérie. La société nationale était pourtant rentable et affichait même un chiffre d’affaires confortable, selon les termes mêmes du management de cette entreprise.  La SNTA  n’existant plus fut remplacée par la STAEM, une société par actions qui inclut un actionnariat à hauteur de 49%   de l’ex SNTA,  de la société émiratie 49%  et de  2%  appartenant à une société créée spécialement par le ministère des finances et dépendant de son autorité.  Cette combinaison d’actions donnait donc une majorité aux entreprises algériennes. Il se trouve cependant que ce n’était que pure façade car la partie émiratie manipula les termes du contrat pour devenir majoritaire à 51%; Comment était–ce possible sans la complicité de la présidence de la république de l’époque?  En fait tous les soupçons convergent vers cette création d’une société apparemment fictive qui dépendait du ministère des finances. En effet il parait étrange que le ministère des finances qui a la charge du trésor public et qui est le garant des comptes publics ait pu sans en avoir reçu l’ordre de créer une société qui ne pouvait être que fictive, en clair une société écran.  Revenons à présent à cet accord signé en 2005.  Selon cet accord la partie émiratie devait développer les capacités de la nouvelle société dont elle est devenue majoritaire et faire de l’Algérie un pays exportateur de tabac en Europe et en Afrique. Selon le ministre de l’économie des Emirats arabes unis, Soltane Ben Saïd El Mansour les investissements émiratis devaient s’élever à 50 milliards de dollars en cinq ans suivant la signature du contrat. Mais cela n’a jamais été le cas  car ces investissements ont atteint péniblement la somme de 5 milliards de dollars. Il y a néanmoins plus que cela car le ministère de la justice soupçonne fortement la STAEM d’avoir détourné des millions de dollars   vers l’étranger sans en avoir avisé son associé algérien occasionnant ainsi des pertes à la partie algérienne  qui s’élèveraient à des milliards de dinars  La suspension de tout accord de signature de contrat avec la United  Tobacco Company  qui est une société privée de droit algérien intervient donc au bon moment, arrêtant  ce qui semble être une saignée qui  nuirait indéniablement  à l’économie algérienne. Affaire à suivre  donc, incontestablement !

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